Allocation universelle
allocation-universelle.net

1. Introduction Recommander Imprimer màj : 15 août 2016

Partage du gâteau social

Les concepts d'allocation universelle (AU), revenu de base ou salaire à vie ont en commun le principe de rémunération inconditionnelle des citoyens : une somme d'argent allouée régulièrement et inconditionnellement par l'État à tout citoyen.

L'éventail des objectifs et effets attribués à ce principe est particulièrement large : résoudre la problématique du chômage et des pensions, simplifier le système de sécurité sociale, égaliser le statut des indépendants avec celui des salariés en matière de sécurité sociale, réduire ou ... augmenter le salaire minimum, limiter les écarts de richesse, rationaliser la politique monétaire et partant le développement économique, ...

Différents courants se dessinent. Parmi les points de divergence il y a le montant et le mode de financement de cette rémunération inconditionnelle, mais aussi - et peut-être surtout - l'idéologie sous-jacente.

PLAN DE
L'INTRO

  1. Différents courants
  2. Courant synthétique
  3. Courant collectiviste
  1. Courant libéral
  2. Comparaison
  3. Comment utiliser ce site

Différents courants Haut

Le principe d'un système de rémunération inconditionnelle des citoyens (SRIC) a des partisans (et des opposants) aussi bien à droite qu'à gauche. D'autre part, il n'y a pas un mais des SRIC ! On peut identifier trois courants, se distinguant selon l'objectif poursuivi et la façon de le réaliser :

La présente publication s'inscrit dans le courant synthétique. Nous présentons ci-dessous une description des trois courants, en terminant par une analyse comparative.

Courant synthétique Haut

Intelligence
collective

La présente publication s'inscrit dans ce courant qui synthétise des éléments pertinents des idéologies libérale et collectiviste, en associant AU et démocratie directe. Il résulte de notre réflexion menée dans ce champs analytique que l'équilibre optimal entre liberté, égalité et sécurité est atteint lorsque les conditions suivantes sont vérifiées :

Dans ce contexte une allocation universelle d'un montant équivalent au salaire minimum légal actuel (SML), soit environ 1.500 euros/mois dans des pays comme la France et la Belgique, pourrait être financée :

Pour ce faire nous détaillons ces deux méthodes de financement complémentaires (chapitre 5) et proposons une procédure d'implémentation progressive selon un plan décennal (chapitre 3).

Courant collectiviste Haut

Communisme
libertaire ...

Un courant se positionnant comme "anticapitaliste" [1] est représenté, dans le monde francophone, par le Réseau salariat fondé par Bernard Friot. Il propose la généralisation d'un système de salaires à vie - concept pas très éloigné de celui d'AU - et dont les principes essentiels sont :

  1. le salaire la vie est versé de façon inconditionnelle (du moins au niveau minimum, cf. point suivant) à chaque citoyen dès sa maturité, quel que soit le statut : fonctionnaire, salarié de droit privé ou indépendant ;
  2. montant variant de 1.500 à 6.000 euros/mois selon la qualification, déterminée par des épreuves de qualification.
  3. financement intégral par la cotisation sociale, versée par les entreprises à la caisse nationale des salaires, au prorata de la valeur ajoutée créée par l'entreprise ;

    La cotisation sociale (60% du PIB) est complétée par une cotisation investissements (30% du PIB) et une cotisation service public (10% du PIB).

  4. "copropriété d’usage" des outils et lieux de travail, la "propriété lucrative" étant abolie (interdite ?) ;

    Friot ne veut pas remplacer la propriété privée par la propriété publique, mais supprimer la propriété lucrative tout en généralisant la propriété d'usage. Chaque citoyen devrait être propriétaire (ou co-propriétaire) de son outil de production et de son logement. L'important est qu'on ne puisse tirer aucun revenu de la propriété (de moyen de productions, terrains, immeubles, monnaie, brevets, ...) mais de son seul travail [pour approfondir ces notions voir nos articles "Sociétés coopératives" ainsi que "Travail, valeur et éthique"].

  5. suppression des impôts et taxes (la suppression de la propriété lucrative signifiant la disparition des profits).

    Cela revient en fait à remplacer les impôts et taxe par la généralisation des cotisations à 100% du PIB. Les investissements quant à eux sont donc financés sans remboursement ni taux d'intérêt.

Moins d'État. Le système de salaire à vie proposé par Friot est de type "communiste libertaire" : il s'agit de collectiviser les moyens de production mais sans nationalisation en entreprises publiques. Friot dit vouloir « moins d'État », et recommande donc dans le point 4 ci-dessus que les moyens de production soient sous contrôle non pas de l'État mais de coopératives privées. Mais pourquoi vouloir "moins d'État" par principe, plutôt qu'un État réellement démocratique et plus efficace ? (ce qui pourrait peut-être avoir comme conséquence "moins d'État", mais pourquoi en faire un principe dogmatique ?). Selon nous l'État est un outil très puissant et dont les effets ne sont ni "bons" ni "mauvais" en soi : tout dépend de qui le contrôle/utilise et dans quels buts.

Long terme. Dans ses livres Friot analyse de façon très pertinente la domination capitaliste, et ce faisant enrichit considérablement le débat sur le thème de l'AU. D'autre part il rappelle que la révolution française (de la bourgeoisie contre l'aristocratie et l'Église) fut le fruit d'une lente montée en puissance de la bourgeoisie à partir du 15° siècle jusqu'à sa conquête totale du pouvoir au 19° siècle. Friot estime par conséquent que sa "révolution du salariat" initiée par la naissance des syndicats d'ouvriers durant ce même 19° siècle n'est pas pour demain, et d'autant moins que le mouvement syndical régresse considérablement depuis les années 1980. Selon Friot l'explication en est que les syndicats ne sont pas révolutionnaires mais réformateurs (ce que confirme notre article sur les syndicats).

Courant libéral Haut

Cheval de Troie pour
l'Union européenne

Le mouvement pour un revenu de base est étroitement lié à l'aile libérale des partis écologistes (majoritaire parmi leurs cadres [2] ). Les logos bleus aux étoiles jaunes du site fédérateur ubie.org témoignent de son utilisation comme instrument de promotion de l'UE, illustrée en 2013 par la participation de ce mouvement à la procédure d'Initiative Citoyenne Européenne. Or quiconque s'est informé sur le fonctionnement de l'ICE peut constater que cette procédure est, à l'instar de l'UE, un simulacre de démocratie.

Union européenne. Concernant la nature bancale du concept même d'Union européenne lire nos articles consacrés au chômage et aux institutions internationales.

Progrès social ? La mouvance libérale reste vague concernant le montant de l'AU. Quand des montants sont avancés ils sont généralement inférieurs au salaire minimum légal actuel (lequel est d'environ 1.500 euros/mois), voire même au revenu minimum garanti (lequel est d'environ 850 euros/mois). Or dans le chapitre 2 consacré à la définition de l'AU nous avons montré que, pour constituer un progrès social sans discrimination, le montant de l'AU doit être au moins égal à la pension minimale garantie (PMG) actuelle, qui est d'environ 1.000 euros/mois.

Récupération et censure. En 2013 l'article Wikipedia "Allocation universelle" fut renommé "Revenu de base". Concomitamment la présente publication fut exclue de la liste des liens externes, et n'y furent laissés que les liens vers des sites de la mouvance "libérale" (laquelle ne se présente évidemment pas comme telle). Conséquence ou cause de ces manoeuvres, le revenu de base de la mouvance libérale bénéficie de la quasi totalité de la couverture médiatique sur la thématique des systèmes de rémunération inconditionnelle des citoyens.

Philippe Van Parijs. Le réseau/mouvement pour le revenu de base est une émanation "version grand public" du réseau scientifique "Basic Income Earth Network" (BIEN) créé en 1986 par le professeur Philippe Van Parijs de l'Université de Louvain. Lauréat du prix Francqui en 2001 (la plus haute distinction scientifique belge), Van Parijs apparaît régulièrement sur les plateaux de télévision, ce qui en dit très long sur sa proximité relationnelle et idéologique avec l'appareil d'État. Personnalité très ambiguë, il se positionne comme critique de l'Union européenne tout en passant sous silence la nature atlantiste et faussement démocratique de ce projet, et en participant même à sa promotion (cf. sa proposition d'un "euro-dividende"). On observe le même double langage sur le thème de la diversité culturelle dont Van Parijs se déclare partisan tout en participant à l'uniformisation culturelle par l'anglais (ainsi le site ouaib de son réseau BIEN - basicincome.org - est rédigé en anglais).

Comparaison Haut

Clivage
gauche
droite

Friot considère le "revenu de base" du courant libéral comme une « roue de secours du capitalisme », ce à quoi des cadres libéraux-écolos du "income base" répondent qu'effectivement « le salaire à vie n'a rien à voir avec le revenu de base » [source]. S'ajoute à ce débat idéologique et conflictuel le point de vue des syndicats, dont les cadres sont généralement opposés à toute forme de rémunération inconditionnelle des citoyens (PS : dans notre article consacré au salaire minimum nous expliquons quelles en sont selon nous les véritables raisons).

À noter ce fait politiquement très important : les courants libéral et collectiviste, ainsi que les syndicats, ont tous en commun d'être favorables au principe d'une Union européenne, révélant ainsi leur collusion avec l'appareil d'État oligarchique. À cette institution atlantiste qu'est l'Union européenne nous opposons le projet d'une Confédération mondiale des États-nations.

Synthétique
vs collectif

Le salaire à vie proposé par le courant collectiviste est un idéal, utile pour la réflexion théorique, mais dont la portée applicative est selon nous très limitée ... sauf si certains de ses principes sont intégrés dans un système plus complet et pragmatique. C'est là précisément l'objectif de notre approche synthétique, en combinant allocation universelle (partage du pouvoir financier) et démocratie directe (partage du pouvoir politique). Ce faisant on éclaire les zones d'ombre négligées par la proposition du salaire à vie : rôle de l'État (notamment en matière monétaire), statut des entreprises, système politique.

Ainsi nous recommandons l'établissement d'une économie mixte dont la planification est limitée aux grandes sociétés (NB : soit moins de 1% des entreprises, et environ 1/3 de l'emploi total). Ces entreprises 100% publiques seraient sous statut de coopératives publiques. Enfin l'internationalisation de ce système pourrait être organisée par une Confédération mondiale des États-nations.

Comment utiliser ce site Haut

Ce site ouaib n'est pas un blog : il est constitué d'articles structurés en chapitres, et constamment améliorés au niveau du fond comme de la forme. Certains représentent plusieurs dizaines de pages A4. Ce travail ayant été entrepris au début des années 2010, le niveau atteint est assez élevé : certains articles ne sont pas d'un accès facile pour le lecteur novice, et demandent au moins deux lectures pour être correctement assimilés. La présente publication est donc plus proche d'un syllabus que d'un magazine ...

L'incrustation de nombreux liens hypertextes dans le texte permet d'approfondir certains sujets en renvoyant le lecteur vers des articles spécifiques. Ainsi la publication est destinée aussi bien au grand public qu'aux chercheurs universitaires.

Comment assimiler efficacement la matière ?

  1. Structure globale. Avant d'entamer l'étude d'allocation-universelle.net, commencez par prendre connaissance de sa structure globale en ouvrant dans l'ordre chaque page du menu de gauche (les chapitres) et en lisant simplement le plan présenté en tête de chaque chapitre (pour le chapitre "6. Analyse" cliquez encore sur le titre de chaque analyse pour y accéder).
  2. Première lecture. Lors de la première lecture d'un article (chapitre ou analyse) simplifiez-vous le travail en ne consultant pas les liens, sinon vous allez rapidement être submergé par la quantité de matière et perdre le fil.
  3. Remémorisation des points principaux. Au terme de la première lecture de chaque article faites-en la liste des points principaux, même si vous ne les comprenez pas encore tous.
  4. Seconde lecture. Il faut ici distinguer deux cas. Si votre objectif est d'étudier l'ensemble de la publication allocation-universelle.net, alors il est préférable de ne consulter les liens qu'une fois l'objectif atteint, sinon vous risquez de perdre le fil. Si votre objectif se limite à étudier un seul chapitre ou analyse, alors les liens externes vous permettront d'approfondir le sujet ou d'aborder des problématiques connexes.
  5. Implication et mise en pratique. Une fois achevée l'étude d'allocation-universelle.net (ce qui pour certains pourra prendre plusieurs semaines) vous serez prêt à participer efficacement à l'implémentation de l'AU (étant entendu qu'il s'agit nécessairement d'un projet à long terme étant donné l'ampleur de ses implications économiques, sociales et politiques). Pour ce faire impliquez-vous dans le projet tutmondigo.net. Ainsi vous participerez efficacement à la réalisation collective d'un objectif concret et ambitieux.

Inscrivez cette proactivité dans le long terme par un travail régulier (ne serait-ce qu'une quinzaine de minutes par jour). Voilà, bonne étude, bon travail, et surtout ... bon amusement !

Top

[1] Selon nous le terme "anticapitaliste" est absurde car l'accumulation du capital est un processus naturel et continu qui commence à zéro. Par conséquent l'anticapitalisme signifie zéro (le rien, le vide). À l'opposition absurde entre "capitalisme" et "anticapitalisme" nous préférons la distinction (et non l'opposition) entre "public" et "privé" car ce qui importe c'est le contrôle démocratique du capital afin de réaliser l'équilibre optimum entre liberté (l'individu) et égalité (le collectif) quant à l'utilisation du capital (combien, pour quoi, ...).

[2] À noter les liens qu'entretiennent de nombreux cadres de partis écologistes avec l'appareil d'État US [exemple1, exemple2, exemple3, exemple4, ...].