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> 7. Analyses Recommander Imprimer 5 pages màj : 25 mars 2017

Du chômage Recommander màj :

PLAN

  1. Inflation et chômage
  2. L'État providence bloqué
  1. L'Union européenne, projet oligarchique
  2. L'absurde union monétaire

i.Inflation et chômage Haut

chomage

Un peu d'histoire. Durant les années 1960 la Banque centrale US mena une politique monétaire très expansive pour financer la guerre du Vietnam et les missions lunaires (NB : on notera qu'il s'agit là de dépenses publiques ne correspondant pas à la demande de la grande majorité des citoyens ...). Il en résulta une hausse constante de l'inflation US entre 1961 et 1970 [source], ce qui provoqua une perte de confiance dans le dollar. Celui-ci faisant office de devise internationale l'inflation US se propagea dans le reste du monde. En 1971 le président Nixon supprime la convertibilité du dollar en or car la perte de confiance dans la devise dopait les conversions, qui réduisaient d'autant les réserves d'or de la Banque centrale US. Il en résulta une forte dépréciation du dollar. En 1973, les pays membre de l'OPEP - principaux producteurs de pétrole - provoquèrent une forte hausse du prix du pétrole (en réduisant leur production), probablement afin de compenser la perte de valeur de leurs immenses avoirs en dollars dépréciés (les "pétro-dollars"). Cela accentua encore l'inflation, et déclencha une récession économique mondiale qui multiplia le taux de chômage (cf. graphique : Belgique en bleu, OCDE en rouge). PS : La concomitance - généralement antagoniste - d'une faible croissance et d'une forte inflation est appelée stagflation.

Prix de l'énergie et inflation. Le monde a connu deux explosions des cours pétroliers : durant les années 1970 et durant les années 2000 [graphique]. Les effets inflationnistes de la première crise se résorbèrent de 1981 à 1986 (le cours du pétrole baissa d'environ 50%), notamment grâce à l'exploitation de nouveaux champs pétroliers en Alaska et en Mer du Nord. Quant au choc pétrolier des années 2000 - probablement causé par le marché financier (spéculation) - il ne fut pas accompagné d'une nouvelle explosion de l'indice des prix à la consommation. L'économie mondiale est semble-t-il devenue moins sensible aux fluctuations du prix du pétrole, grâce à la diversification énergétique (nucléaire, gaz, éolien, solaire, ...), mais aussi parce que le progrès technologique a eu pour effet que l’intensité énergétique - mesure de l'efficacité énergétique d'une économie, calculée par le rapport entre consommation d'énergie et produit intérieur brut - a baissé de 25% entre les années 1970 et 2000. [source].

L'inflation par les coûts s'est donc éteinte, et en outre l'inflation par la demande est dissipée par un taux de chômage qui reste élevé. Selon nous deux facteurs favorisant la persistance du chômage sont :

ii.L'État-providence bloqué Haut

Le progrès scientifique a pour effet de maintenir le chômage à un niveau élevé notamment en raison de l'automatisation croissante des processus de production, et de l'augmentation subséquente de la productivité.

La persistante, voire la hausse tendancielle du chômage, est donc aussi un effet secondaire du progrès scientifique. Si nous percevons cette évolution du chômage comme un problème c'est à cause de l'inadaptation des nos systèmes de sécurité sociale à un contexte économique et technologique qui évolue de plus en plus vite. La focalisation sur le thème du chômage - et des pensions - nous empêche de sortir d'un cadre conceptuel dépassé et d'adapter à l'évolution historique notre façon d'organiser la société humaine. Ainsi la tendance à long terme du PIB mondial par habitant - qui est exponentielle [source] - montre que le problème économique fondamental n'est pas le chômage mais l'insuffisante répartition des richesses produites [source] qui freine la réduction du temps de travail (et donc l'augmentation du temps libre), à revenu moyen constant. C'est pourquoi nous prédisons que l'Allocation Universelle - telle que définie par nous (cf. chapitre 2) - va s'imposer comme l'adaptation nécessaire de nos systèmes de sécurité sociale au progrès scientifique.

Sans emploi : la condition de l'homme post-industrielle (12m10s - 2017)

Dans un rapport publié en 2012 l'OCDE constate que « ces trois dernières décennies, la part du revenu national constituée des salaires et avantages accessoires au salaire – la part du travail – a diminué dans la quasi-totalité des pays de l’OCDE. (...) Cette baisse met en évidence le rôle de facteurs tels que la hausse de la productivité et l’accroissement de l’intensité capitalistique, l’intensification de la concurrence nationale et internationale, l’affaiblissement du pouvoir de négociation des travailleurs et l’évolution des institutions de la négociation collective. Le recul de la part du travail est allé de pair avec une augmentation des inégalités de revenu marchand, de nature à mettre en péril la cohésion sociale et à ralentir le rythme de la reprise en cours. L’augmentation des investissements dans l’éducation et un recours accru au système d’imposition et de prestations permettraient de réduire ces risques » [source].

Travail vs capital

Ces propos l'OCDE ne mettent cependant pas assez en évidence le fait que le recul de la part du travail dans le revenu national est la contrepartie "mécanique" de la hausse des revenus du capital. Il en résulte logiquement la hausse des écarts de richesse au détriment de la majorité de la population, et au profit de cette infime minorité qui possède les principaux moyens de production.

iii.L'Union européenne, projet de l'oligarchique libérale et atlantiste Haut

L'Union européenne fut imposée progressivement aux populations par la classe politique et des lobbies industriels, le tout sous la houlette de Washington [source-1, source-2]. Ce projet oligarchique et atlantiste fut initié en 1957 par le traité de Rome, et concrétisé politiquement en 1992 par le traité de Maastricht. Sa dernière version (traité de Lisbonne) date de 2007. De façon générique on parle du "Traité sur le fonctionnement de l'Union européenne"(TFUE).

Dans un article publié par l'Association britannique du droit constitutionnel, Danny Nicol, professeur de droit public à l’université de Westminster montre que le biais idéologique du TFUE en faveur de l'idéologie libérale a pour effet de criminaliser toute politique collectiviste [traduction].

La politique économique de l'Union européenne - résolument d'inspiration néolibérale - est fondée sur trois axes :

Source : OCDE
Taux de chômage harmonisés
T4-2015
Islande3,6
Norvège4,6
Suisse4,7
UE (28 pays)9,0
Zone euro (19 pays)10,5

Ces mesures de politique économique "libérale" conduisent logiquement à l'augmentation des écarts de richesse et déficits publics, à la désindustrialisation de la plupart des pays membres de l'UE et à la persistance d'un chômage élevé.

Le tableau ci-contre montre que le taux de chômage de l'UE est le double de celui observé dans les trois pays européens non-membres de l'UE, confirmant ainsi l'effet négatif de l'UE sur l'emploi.

En outre le taux de la zone-euro est supérieur d'un point et demi à celui de l'ensemble de l'UE, ce qui confirme l'effet nuisible de l'union monétaire. La section suivante en expose les raisons.

iv.L'absurde union monétaire Haut

La politique économique centralisée que requiert toute union monétaire est d'autant moins aisée que les pays membres sont économiquement et culturellement hétérogènes. Plus cette hétérogénéité sera élevée plus l'union monétaire exigera :

Or l'homogénéité des pays membres - indispensable pour minimiser ces régressions - est d'autant plus difficile à réaliser que le concept de "culture européenne" est une vue de l'esprit, un produit de la propagande atlantiste. Ainsi l'Union européenne compte presque autant de langues que d'États membres (une trentaine !), ce qui par ailleurs rend irréaliste l'hypothèse de mobilité géographique du travail.

PIB par habitant et chômage

Autrement dit le cours de l'euro est donc nécessairement en inadéquation par rapport à la structure économique d'une partie des pays membres de l'union monétaire. La déchéance économique des pays du sud européens depuis la crise de 2008 suggère que si taux de change de l'euro est de toute évidence en adéquation avec l'économie allemande, il est par contre surévalué par rapport aux pays du sud de l'Europe, et particulièrement la Grèce. Or, en raison de l'Union monétaire les pays membres de l'Union européenne n'ont plus la possibilité de dévaluer le taux de change de leur ancienne monnaie nationale pour relancer les exportations (et partant le reste de l'économie, pour autant que l'effet inflationniste du renchérissement des importations soit relativement modéré, ce qui requiert un blocage des salaires).

Dévaluation. Outre le blocage des salaires, il importe que les bénéfices de la dévaluation soient utilisés pour financer une politique d'amélioration de la productivité nationale (investissements de rationalisation et formation des travailleurs). En l'absence d'une telle politique d'amélioration de la compétitivité les dévaluations se suivront, et comme il y a une limite politique/sociale à l'érosion des salaires, on aboutira finalement à une hausse d'inflation tellement forte que la situation sera finalement pire qu'avant les dévaluations. La dévaluation est donc une arme efficace mais nuisible si elle n'est pas appliquée avec parcimonie et rigueur.

Conclusion : l'Union européenne ne pourrait avoir des chances de fonctionner (du moins comme instrument de guerre économique, voire militaire, contre les méchants russes et chinois ...) qu'en éradiquant sa diversité culturelle, ce qui ‐ à supposer que cela soit faisable (ce dont doutent de nombreux ethnologues et sociologues ...) ‐ constituerait une grave régression culturelle. Cela confirme que le concept même d'Union européenne est bancal. Force est de constater l'incapacité des européistes à reconnaître que l'UE est une utopie destructrice. C'est pourquoi l'avenir est sombre ... à moins qu'une révolution permettre d'instaurer un nouveau paradigme sociétal (cf. Tutmondigo).

Les statistiques du chômage sont-elles crédibles ?

Les statistiques du chômage étant politiquement sensibles la tentation peut être grande pour les gouvernements de les falsifier à la baisse. Il existe également des manoeuvres plus légales permettant de sous-estimer l'ampleur du chômage, comme par exemple en déclarant actifs des personnes n'ayant un emploi que quelques heures par mois. Force est de constater que l'évolution des statistiques de chômage ne reflète pas l'explosion - depuis le début des années 2000 - du nombre des SDF visibles sur les trottoirs des grandes villes européennes et états-uniennes [source]. Ainsi selon shadowstats.com le taux de chômage aux USA serait quatre fois supérieur au taux officiel : 24% au lieu de 6% ! [source]. Il semble que les pratiques de falsification seraient généralisée à l'ensemble des appareils d'État (gouvernements + grandes sociétés privées) [source].

Article complémentaire :