XI.4. Éconophysique monétaire

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Màj : 11 fév. 2020   –   # pages : 8 [?]

Introduction

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Économie
classique

La théorie économique classique (entendez "libérale" ou "de marché") est née au 17° siècle suite au développement des mathématiques, et en particulier de l'algèbre linéaire, du calcul différentiel et de l'optimisation linéaire. Il s'agit donc d'une approche réductionniste des phénomènes économiques, postulant que le système économique pourrait être modélisé par des systèmes d'équations. Il en résulte que l'évolution du système économique serait prévisible, et qu'il pourrait être piloté par une politique économique fondée sur ces équations.

Alors que l'approche réductionniste semble particulièrement adaptée à la conception planificatrice du marxisme, c'est paradoxalement au profit de l'idéologie libérale des marchés que ces outils mathématiques sont exploités. Ils sont en outre complétés par un emprunt conceptuel à la théorie physique de la thermodynamique : la notion de système à l'équilibre, lequel correspondrait à un optimum (de Pareto ...) sous condition de marchés parfaits. Enfin la motivation des agents économiques (individus et entreprises) est – exclusivement – la maximisation du profit (pour les producteurs) et du bien-être (pour les consommateurs).

Cette dernière hypothèse est probablement la moins irréaliste (du moins d'un point de vue descriptif, mais sans doute pas d'un point de vue normatif : cf. le réchauffement climatique ...). Les théoriciens de l'économie classique sont (beaucoup) moins critiques : ils ne voient pas de problème fondamental dans le fait que les hypothèses sur lesquelles reposent la notion de marchés parfaits (et donc d'équilibre et d'efficience) ne sont généralement pas, voire jamais vérifiées simultanément. Selon eux l'important est de tendre vers une situation de marchés parfaits, et ainsi l'on tendra vers un équilibre optimal.

Nous insistons sur le fait qu'il s'agit d'un optimum de Pareto (situation telle qu'il n'est plus possible d'améliorer la situation d'un agent économique sans diminuer celle d'un autre) car en réalité ce prétendu "optimum" est seulement un critère de non-redistribution. Par conséquent l'économie de marché n'est certainement "efficiente/optimale" que du point de vue des plus riches.

La notion d'optimum est donc toute relative. Mais en outre la notion d'équilibre, appliquée à l'économie, est très probablement non pertinente. En effet le système économique fondé sur des marchés libres est un système complexe. Or une propriété des systèmes complexes est leur sensibilité aux conditions initiales, de sorte qu'il n'est pas possible de prévoir leur évolution à long terme (cf. théorie du chaos), en l'occurrence vers un supposé "équilibre" entre offre et demande, qui plus est "optimal" (l'optimalité induisant la stabilité de l'équilibre). Autrement dit le réductionnisme de la théorie économique classique (c-à-d libérale) n'est pas applicable au système économique ... libéral, s'il s'avère que même un infime écart d'une variable ou d'un paramètre par rapport à sa valeur d'équilibre peut faire diverger le système laissé à lui-même (de sorte que la notion de "convergence vers l'équilibre en laissant opérer librement les marchés" ne fait pas sens).

Sans équilibre (stabilité) ni optimum (efficience), il ne reste donc plus grand chose de la théorie économique classique, sinon ses manuels que l'on continue inlassablement d'enseigner dans les universités, et d'appliquer dans les politiques économiques.

Friot sur la religion capitaliste (2017 - 14 min.)

Éconophysique

L'éconophysique, représente un changement de paradigme par rapport à l'analyse classique/réductionniste des phénomènes économiques. Non seulement est reconnue la nature complexe du système économique, mais également la non neutralité de la monnaie, à savoir que celle-ci constitue le meilleur moyen de régulation du système économique, via ses modalités d'allocation entre agents économiques (alors que dans la théorie classique c'est le système des prix qui est supposé assurer la régulation du système économique, la monnaie étant considérée comme relativement neutre).

Les théories physiques de la monnaie présentées ici sont de très récentes innovations (années 2010), dont la caractéristique est de s'inspirer des lois de la physique. Les deux théories présentées ici ont été développées par le physicien François Roddier (approche thermodynamique) et l'ingénieur Stéphane Laborde (approche relativiste).

Ces travaux furent précédés par ceux, plus réputés, du mathématicien et économiste Nicholas Georgescu-Roegen (1906-1994), dont l'oeuvre principale, "The Entropy Law and the Economic Process", bien que reconnue par ses pairs, n'a cependant jamais été récompensée par un prix Nobel malgré son caractère disruptif, probablement parce que cette théorie économique ne considère pas la maximisation des profits comme bénéfique par nature.

La lecture préalable de "Thermodynamique" peut faciliter la compréhension du présent article.

Approche thermodynamique

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Introduction

Nous présentons ici l'alternative apportée par l'éconophysique au modèle d'équilibre général de l'économie classique.

Demande/Offre vs Pression/Température

Demande ≡ pression
Offre ≡ température

Roddier associe ainsi les cycles économiques à des cycles de Carnot décrits par les variables traditionnelles P, V, T, mais pour lesquels P représente un potentiel de Gibbs [source].

Le différentiel de potentiel énergétique détermine le sens et l'amplitude de propagation de l'énergie.

Ce faisant Roddier étend à l'économie la relation de Gibbs-Duhem, et à l'équilibre (état stationnaire) on a l'égalité entre la demande et l'offre [source p. 60].

eco-phy.png

G = flux d'énergie
dG = -P * dV + T * d$
À l'état stationnaire :
dG = -P * dV + T * d$ = 0    ⇔
P * dV = T * d$
Demande = Offre

Or en termes de dérivées partielles : G = ∂G / ∂V * dV + ∂G / ∂$ * d$ [source], de sorte que :

  • P = ∂G / ∂V est le potentiel de demande (≡ pouvoir de venteutilité de la production ≡ valeur d'usage), que Roddier note donc P par analogie avec la pression physique de Boltzmann ainsi que la pression sociale de Durkheim, et qui correspond à la variation du flux d'énergie par unite de variation du flux de production (que Roddier note donc V par analogie avec le volume) ;

  • T = ∂G / ∂$ est le potentiel d'offre (≡ pouvoir d'achatrichesse ≡ valeur d'échange), que Roddier note T par analogie avec la température, et qui correspond à la variation du flux d'énergie par unité de variation du flux monétaire (que Roddier note donc $ par analogie avec la notation S de l'entropie).

  • Publicité. Roddier explique comme suit le rôle de la publicité pour maintenir la demande à un niveau élevé : « l’offre maintient la demande comme la température maintient la pression dans une chaudière ».
  • Roddier interprète valeurs d'usage et d'échange comme suit : lorsque la température d’une économie est suffisamment élevée (énergie bon marché), la valeur d’usage devient négligeable devant la valeur d’échange (exemple: placements immobiliers, métaux précieux, objets de luxe) » [source p.47].
  • Énergie et matière. Le physicien prévient : « Un économiste sera surpris de voir que ce schéma ne comporte pas de flux de matière. La raison en est qu'une structure dissipative est, par définition, dans un état stationnaire de déséquilibre thermodynamique. Toute matière y est recyclée. L'énergie nécessaire au recyclage est comptée dans l'énergie dissipée. Ce modèle s'applique donc à une économie dite "durable". Si le recyclage n'est que partiel, alors la partie non recyclée est considérée comme une modification de l'environnement » [source].
Équilibre

Ainsi l'équilibre en éconophysique correspond, tout comme en économie classique, à l'égalité entre offre et demande. Mais, alors qu'en économie classique cet équilibre existe sous conditions de marchés parfaits (concurrence parfaite, information parfaite, prix et salaire flexibles) [approfondir], en thermodynamique un système est dit "à l'équilibre thermodynamique" lorsque l'énergie qu'il contient y est uniformément répartie. Les systèmes fermés tendent vers l'équilibre thermodynamique c-à-d le repos, et cela en se déstructurant (augmentation de l'entropie). L'équilibre thermodynamique correspond au maximum d'entropie du système et à une distribution uniforme de l'énergie qu'il contient.

Équation
d'état

Roddier prolonge l'analogie avec l'équation des gaz parfaits P * V = n * R * T [source p. 41-47]. Dès lors que pour un nombre constant n de moles d'un gaz parfait (ici le nombre de consommateurs ?) à température constante, le produit P * V est constant, il en résulte que la fonction P=F(V) constitue une hyperbole.

Une relation telle que y = 1/x est représenté par une courbe algébrique appelée hyperbole. Cela s'applique à tout couple de variables tel que leur produit x*y est constant (si y=1/x ⇒ y*x=1/x*x=1). On retrouve ainsi l'équation de demande de l'économie classique P = a Q -b + c.

demande-hyperbole.png

Courbe de demande en économie classique.

On introduit alors la troisième variable T, de sorte que l'on obtient un espace à trois dimensions (P,V,T).

Chacune des courbes dessinées sur ce schéma correspond à une température déterminée, et pour cette raison est appelée "isotherme". La température correspondant au point C (Tc) est qualifiée de "critique". Au plus la température est supérieure à la température critique au plus les isothermes tendent vers des hyperboles c-à-d vers la courbe de demande de la théorie économique classique (c-à-d sous hypothèse de marché parfaits : concurrence parfaite, information parfaite, prix flexibles). Nous entrons ici dans l'analyse dynamique.

Dynamique

L'approche thermodynamique de la théorie des cycles économiques telle que présentée par le physicien François Roddier [source] repose sur le fait que toutes les structures dissipatives – du cyclone à la société humaine – produisent du travail mécanique en décrivant des cycles de Carnot autour d’un point critique (criticalité auto-organisée), point d’équilibre dynamique entre des forces opposées. Évoquant les travaux de Turchin et Nefedov sur les cycles séculaires, Roddier postule que dans le cas de l’économie, il s’agit d’un point d’équilibre entre l’offre et la demande : tandis que l’offre incite à la compétition, la demande incite à la coopération. Il s’en suit que, comme un moteur à quatre temps, l’économie passe par quatre phases successives appelées: dépression, expansion, stagflation et crises [source].

econophysique.png

Dans le schéma ci-dessus situez-vous sur le mot "stagflation" et dirigez vous vers la falaise (ce qui signifie que la pression augmente). Dans la zone sombre le système économique est composée d'un mélange de phases "gazeuses" et de phases "liquides". Si ce mélange de phases est comprimé la pression ne change pas mais les phases "gazeuses" se transforment en phases "liquides", et une fois atteint l'autre côté du palier de condensation (ou le bas de la falaise, selon l'orientation du schéma) tout le système est en phase "liquide".

Température vs prix

Température
≡ 1/Prix

Poursuivant sa démarche analogique Roddier établit la relation entre prix et température à partir du potentiel d'offre T = ∂ G / ∂ S : l'énergie consommée (∂ G) se mesure en barils de pétrole, et l'entropie produite en dollars ⇒ Température ≡ 1 / Prix : plus le prix du pétrole baisse, plus l'économie s'échauffe [source].

On notera que les économistes parlent au contraire de "surchauffe de l'économie" lorsque, la production excédant la demande, les prix augmentent ...

Entropie vs monnaie

∂ Entropie
≡ - ∂ Monnaie

Étant donné que l'entropie S est telle que dS = Q / T = dE / T [approfondir] ⇒ T = dE / dS, il résulte du potentiel d'offre T = ∂ G / ∂ S l'équivalence (au signe près) entre monnaie et entropie : ∂ $ = - ∂ S. Toute production d'entropie se traduit par une perte de valeur monétaire, et inversement.

La température d’une économie est donc l’énergie dissipée par unité monétaire ou encore par bit d'information. Ce que les physiciens appellent une probabilité de transition, note Roddier, devient en économie une probabilité de transaction.

Ainsi si l'on considère que la probabilité (pi) pour un commerçant de vendre un bien (i) est d'autant plus grande que le prix (si) est bas, on peut alors formuler la relation si = - k * log pi où k est une constante arbitraire.

entropie-monnaie.png

Par conséquent, soit l'espérance de chiffre d'affaire du commerçant sur l'ensemble de ses produits : S = ∑ pi * si on a alors que S = - k * ∑ pi * log pi qui n'est autre que l'expression donnée par Gibbs pour l'entropie, et par Shannon pour lʼinformation [source].

Dès lors si l'on considère que la création monétaire correspond à l'espérance de gain associée à la production de biens et services (PIB) on obtient alors Δ M = - k * ∑ pi * log pi.

M * V = P * Q

Identifions la condition d'équivalence entre P * dV = T * d$ et l'égalité de Fisher M * vit. = P * Q :

Pression * d Volume = Température * d Monnaie     ⇔
Pression * d Volume = 1/Prix * d Monnaie     ⇔
d Monnaie * 1/Pression = Prix * d Volume    ⇒
si Vitesse = 1 / Pression
d Monnaie * Vitesse = Prix * d Volume

L'approche éconophysique rejoint donc ici celle de l'économie classique si l'on considère que l'inverse du potentiel de demande (pression) correspond à la vitesse de circulation monétaire, c-à-d s'il est vrai que lorsque la vitesse de circulation atteint son maximum le potentiel de demande devient nul, ... ce qui semble pertinent.

Cycles et régulation

Selon Roddier, l'équation de van der Waals n'est pas qu'une équation d'état pour les fluides condensables, mais aussi pour le développement économique [source]. En particulier elle permet de retrouver les résultats :

  • de Gerhard Mensch montrant que les innovations technologiques ne sont pas uniformément distribuées dans le temps, mais arrivent par paquets [source] ;
  • Turchin et Nefedov mettant en évidence des cycles historiques de 400 ans, chacun étant composé de quatre phases : expansion, stagflation, crise et dépression [source].

Les cycles économiques apparaissent comme des oscillations autour du point critique conformément au processus de criticalité auto-organisée de Per Bak [source1, source2].

L'économie libérale serait à l'économie planifiée ce que le système nerveux sympathique est au système parasympathique. Ainsi une économie à deux monnaies constituerait un mécanisme ago-antagoniste permettant de réguler la dissipation d'énergie, tout comme les deux pistons d'une machine thermique à deux cylindres agissent en opposition l'un de l'autre [source p. 19].

Continuant son approche analogique avec le cycle de Carnot et la nécessité d'un régulateur pour toute machine thermique (dont tout système économique) Roddier recommande un système bi-monétaire composé :

  • d'une monnaie "yang" pour les ressources matérielles (biens) et/ou "non-renouvelables" (pétrole, forêts, ...), qui sont des ressources de type "stock" ;
  • d'une monnaie "yin" pour les ressources immatérielles (services) et/ou renouvelables (énergie solaire, ...), qui sont des ressources de type "flux".

La monnaie "yin" « est nécessaire pour refermer le cycle économique, comme une source froide est nécessaire pour refermer le cycle de Carnot » [source]. « L’usage de deux monnaies différentes dont on peut faire varier le taux de change, permet d’ajuster la barrière de potentiel économique qui sépare deux économies, comme un régulateur ». Selon Roddier on pourrait procéder « en conservant la monnaie actuelle (yang) pour l’achat de biens matériels, et en utilisant une nouvelle monnaie (yin) pour la nourriture, les salaires et les services » [source].

Pour approfondir la théorie de Roddier dans le cadre de la problématique du développement durable : allocation-universelle.net/developpement-durable.php#cycles-economiques

Approche relativiste

https://allocation-universelle.net/econophysique-monetaire#approche-relativiste

Relativité et symétrie

La toute récente théorie relative de la monnaie (TRM) - fondement théorique du financement distributif de l'AU - constitue un changement de paradigme par rapport au système monétaire oligarchique. L'approche relativiste propose en effet un critère objectif et normatif en matière de politique économique, ne laissant pas de place à l'arbitraire. Partant de la constatation que la notion de valeur est subjective (ou plus exactement, relative à chaque individu), la TRM en déduit que, pour être efficace, le système monétaire ne peut préjuger à priori de la valeur de ce pourquoi il créé de la monnaie.

Relativité

Par "relative" la TRM fait référence au principe de relativité : « les Lois physiques s’expriment de manière identique dans tous les référentiels » : si je laisse tomber une balle, je constate la même trajectoire, que je réalise l'expérience sur le quai d'une gare ou dans un train en mouvement. En fait Laborde fait plutôt référence à un corollaire de ce principe, à savoir que les mesures réalisées au cours d'une expérience peuvent varier selon le référentiel inertiel relativement auquel les mesures sont réalisées : si du quai d'une gare j'observe tomber une balle lâchée dans un train en mouvement, je n'observe pas la même trajectoire (une parabole) que celle observée par l'expérimentateur situé dans le train (une droite).

Ce principe de relativité s'applique également à l'économie :

  • la valeur attribuée à un bien/service varie selon les individus (dimension spatiale), ainsi qu'au cours du temps pour un même individu (dimension temporelle) ;

  • le respect de cette subjectivité – c-à-d la relativité du jugement de valeur par le (ou par rapport au) référentiel qu'est l'individu humain – requiert une forme d'invariance au niveau de la création, allocation & utilisation monétaire : la création monétaire devrait être relativement constante, et allouée également et inconditionnellement entre tous les citoyens (principe de symétrie monétaire).

Symétrie

On comprend alors intuitivement que la notion de relativité induit le principe de symétrie. Celui-ci doit être formulé de façon composite en prenant en compte des deux dimensions temporelle et spatiale :

  • symétrie temporelle : ΔM devrait être créé à un rythme relativement constant (c), seulement fonction de l'espérance de vie de la zone monétaire (notée v) :

    ΔM = c * M   où c = ln(v/2) / (v/2) = 9,2 % par an dans un zone monétaire où v = 80

  • symétrie spatiale : ΔM devrait être réparti également entre tous les citoyens, gratuitement et sans obligation de remboursement :

    DU = ΔM / N   où DU est le dividende universel et N la population de la zone monétaire

Ce double principe de symétrie spatio-temporelle concerne aussi bien la création que l'allocation monétaire.

Création monétaire

La notion d’invariant. Le taux de croissance constant de U = M/N reproduit dans la TRM le rôle d'invariant que joue la vitesse de la lumière dans la théorie de la relativité d'Einstein.

On notera, par analogie, que c'est son absence de masse qui confère à la lumière sa propriété d'invarience. De même la monnaie dématérialisée d'aujourd'hui – bien qu'on la mesure par sa "masse" – est pratiquement sans masse physique, et son coût de production très faible voire nul à la limite, en raison de sa nature "électronique" (on dit aussi "dématérialisée"). En outre la circulation de la monnaie, et plus particulièrement de l'information boursière se fait à une vitesse de plus en plus élevée (trading à haute fréquence), théoriquement limitée par la vitesse de la lumière.

Poursuivons l'analogie expérimentale avec le moulin à eau de Lorenz, illustrant la théorie du chaos, c-à-d la sensibilité d'un système aux conditions initiales, à savoir qu'après un certains laps de temps l'évolution du système devient chaotique c-à-d imprévisible.

La roue de Lorenz

Peut-on faire l'analogie entre d'une part flux d'eau et création monétaire, et d'autre part rotation de la roue et cycles économiques ? Dans l'affirmative que pourrait-on en déduire ? :

  • qu'un taux de création monétaire constant permettrait de minimiser le caractère chaotique de la dynamique observée ?
  • qu'aucun taux de création monétaire n'est plus pertinent qu'un autre ? ; ...

Approfondir : math.cnrs.fr/Le-moulin-a-eau-de-Lorenz

Allocation monétaire

La notion de champ de valeur. Selon l'auteur de la TRM, l'ingénieur Stéphane Laborde, l'égalité de Fisher M * V = P * Q ne concerne que des quantités "intégrales globales" et n'est valable que « pour un temps court où les changements productifs, monétaires et individuels sont négligeables » . Dans la réalité cette situation où la monnaie en circulation représente exactement la valeur produite et échangée se produit rarement, de sorte que l'on a plutôt M * V - P * Q = Jt où Jt ‐ différentiel "monnaie-valeur" ‐ est appelé "champs de valeur J à l'instant t". Sa valeur pouvant être positive, négative ou nulle, l'égalité de la théorie classique M * V = P * Q n'est donc, dans la théorie relativiste, que le cas particulier (et rare) où Jt = 0.

La TRM procède par l'intégration des champs de valeurs locaux associés à chaque individu x (notés dJx) :

Jt = ∫ t0tx=1ndJx

Pour approfondir la TRM : allocation-universelle.net/theorie-relative-monnaie

Synthèse

https://allocation-universelle.net/econophysique-monetaire#synthese
Équilibre
instable

Le lien entre modèles relativiste et thermodynamique, par la proximité entre l'équation M * V - P * Q = Jt et la relation de Gibbs-Duhem, le cas particulier où Jt = 0 correspondant à une situation dite "d'état stationnaire" caractérisée par une pression et température constantes. Mais le phénomène économique est plutôt caractérisé par un état d'équilibre instable où la valeur de Jt oscille autour de zéro.

Macro
micro

L'approche thermodynamique concernerait-elle le niveau macroéconomique, et l'approche relativiste le niveau microéconomique ?

Imprévisibilité

Notons enfin que la théorie du chaos infirme la thèse selon laquelle "l'autorité monétaire" (la Banque centrale) serait en mesure d'adapter rationnellement la masse monétaire aux besoins de l'économie, que ce soit pour seulement contrôler l'inflation ou en outre stimuler la croissance (politique monétaire dite "adaptative", par assouplissement ou restriction monétaire).

Les réponses de l'économie physique sont les suivantes :

  • approche relativiste : la monnaie doit être créée à taux constant et distribuée également et gratuitement entre les personnes physiques ;
  • approche thermodynamique : un système bimonétaire "yin/yang minimise l'amplitude de cycles imprévisibles.

On notera que ces deux approches ne sont pas exclusives : le système bimonétaire pourrait très bien être organisé selon les principes de la TRM.

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