Effets

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màj : 6 nov. 2017

Introduction

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L'AU participera d'un saut évolutif vers un nouveau paradigme sociétal

Dans le chapitre d'introduction nous avons dit que l'instauration de l'AU pourrait également permettre de (i) neutraliser l'effet de trappe à inactivité [1] ; (ii) simplifier le système fiscal et de sécurité sociale; (iii) égaliser le statut des indépendants avec celui des salariés, (iv) déstigmatiser les ayants droits à l'aide sociale, (v) résoudre la problématique du chômage et des pensions, (vi) limiter les écarts de richesse.

Nous allons ici approfondir certains de ces effets, et développer une série d'effets indirects positifs attribués à l'AU. Concernant les effets anticipés négatifs voir le chapitre "Critiques".

Pour autant que soit implémentée l'AU telle que définie par nous (cf. chapitre 2) de nombreux faits suggèrent que ses éventuels effets négatifs devraient être balayés par le nombre et l'ampleur des effets positifs.

La résistance psychique qui freine sa réalisation s'explique selon nous par le fait que l'AU participe d'un changement de paradigme sociétal (probablement en lien avec la démocratie directe). Cependant sa réalisation fait peu de doute car elle s'inscrit dans le sens de l'histoire. La plupart des innovations se réalisent au travers d'un cycle de trois phases : d'abord elle sont jugées absurdes, ensuite dangereuses, et enfin évidentes. L'AU est en train de passer du premier au second stade.

Pour terminer cette introduction le lecteur est invité à visionner la vidéo suivante retraçant l'évolution du marché de l'emploi depuis les années 1980.

25 ans d'évolution de l'emploi : les 5 grandes mutations (4m31s - 2012)

Justifications morales

Avant d'évoquer les justifications utilitaristes (économiques, écologiques, sociales, ...) de l'AU il est utile de mentionner les arguments d'ordre moral qui ont conduit à l'idée d'AU.

L'appropriation
historique

Les ressources naturelles appropriées par des particuliers n'ayant pas été créées par leur travail, cette appropriation privée est asociale et immorale (il en est évidemment de même pour le transfert de propriété, que ce soit par héritage ou vente). Une solution pour résoudre cette injustice est de limiter le droit de propriété privée aux seuls biens nécessaires à un individu pour sa reproduction (un terrain, une maison, des outils, ...), tout le reste étant propriété publique. C'est le principe du communisme. Une solution alternative, ou complémentaire, consiste à maintenir les écarts de richesses dans une limite qui ne mette pas en péril la démocratie et la cohésion sociale, tout en préservant au mieux la possibilité pour chaque individu de s'enrichir matériellement par son travail.

L'imperfection
judiciaire

La fortune de certains est le fruit de malversations (escroqueries, vols, corruption, ...) au détriment de tiers. Or le meilleur des systèmes judiciaires ne pourra jamais être parfait, de sorte qu'une partie des injustices n'ont été, ne sont et ne seront jamais réparées. Par conséquent, l'AU se justifie pleinement comme compensation de l'imperfection judiciaire.

L'arbitraire
naturel

Une autre justification est « l'arbitraire naturel », à savoir le fait que nombreux sont ceux qui ont raté leur projet de vie, non pas par paresse ou incompétence, mais par malchance (maladie, accident, agression, vol, ...). Bien sûr la paresse et l'incompétence sont une réalité, tout comme le courage et la compétence. Mais il est extrêmement difficile de faire la part des choses :

  • côté gagnants : nombreux parmi ceux-ci ont bénéficié d'un capital de départ important (financier/relationnel), par héritage, mariage, ou malversations ;
  • côté perdants : ce qui peut paraître pour de la paresse ou de l'incompétence peut en réalité être le résultat d'une maladie ou d'une dépression (certaines peuvent durer de nombreuses années), et puis il y a aussi ceux qui bien qu'étant courageux et compétents n'ont pas bénéficié du coup de chance dont de nombreuses biographies révèlent l'importance déterminante, voire ont carrément été laminés par un coup du sort.

Partage des gains de productivité

Une AU d'un montant équivalent au salaire minimum légal actuel (environ 1.500 euros/mois), aura inévitablement pour effet d'augmenter le pouvoir de négociation des salariés en matière de salaire et de conditions de travail (dont le temps de travail). Ainsi l'AU permet un partage plus équitable des gains de productivité, actuellement très majoritairement accaparés de façon indue par les propriétaires des moyens de production.

Limitation des écarts de richesse

La réduction puis limitation des écarts de richesse est le fruit :
  • du financement budgétaire de l'AU, notamment par la suppression des privilèges fiscaux accordés par la classe politique aux grandes sociétés privées et grandes fortunes, rendue possible par la nationalisation totale et définitive des grandes sociétés ;
  • du financement monétaire de l'AU : étant donné que l''AU se substituera (au moins partiellement) aux crédits vendus par les banques aux particuliers (essentiellement crédit à la consommation et crédit hypothécaire) il en résultera une réduction accrue des écarts de richesse puisque, par rapport à la situation actuelle, le transfert de richesse des citoyens vers les banques par le paiement d'intérêts serait réduit d'un montant correspondant au taux d'intérêt multiplié par le montant de l'AU.

Pour approfondir :

Secteur privé plus efficace

Stabilité de
la demande

Si le progrès scientifique est un moteur important de l'offre de biens et servives, l'Allocation Universelle (AU) quant à elle est un facteur déterminant de la demande. L'automatisation ayant tendance à rendre obsolète le travail rémunéré, un revenu distribué sans contrepartie par l'État est essentiel pour assurer le maintien de la consommation (Van Parijs). D'autre part dans les pays bénéficiant des systèmes de sécurité sociale les plus développés (France, Belgique, ...) les dépressions économiques y sont d'une ampleur nettement inférieure en raison de l'effet de soutient de la demande intérieure induit par le mécanisme de sécurité sociale.

Le cas de la Belgique. La Belgique est un cas très intéressant car c'est le seul pays de l'OCDE où le droit aux allocations de chômage n'est pas limité dans le temps, ce qui constitue une forme partielle d'AU. Le chômage de longue durée y est, logiquement, supérieur à la moyenne des pays de l'OCDE [source]. Mais la générosité relative du système de sécurité sociale belge a comme effet très positif que les dépressions économiques y sont d'une ampleur nettement inférieure en raison de l'effet de soutient de la demande intérieure induit par le mécanisme de sécurité sociale. Ainsi lors de la dépression de 2009 le PIB belge a diminué de -2,7% contre -4,2% pour la zone euro. Et durant les trois années suivantes ce même taux de croissance du PIB fut en moyenne de 1,7% contre 1,2%. En outre depuis 2009 le taux de chômage belge équivaut à la moyenne de l'OCDE [source]. Enfin si l'on regarde le patrimoine net moyen (un stock) plutôt que le seul revenu moyen (un flux) on constate que les belges sont - en moyenne - les plus riches d'Europe ! [source]. Par conséquent le discours que l'on entend dans certains milieux patronaux et décrivant le régime belge d'allocations de chômage non limitées dans le temps comme étant « à la marge du reste du monde » (sic) alors qu'il est en réalité en tête du progrès économique est une attitude rétrograde et anti-sociale.

Allocation optimale
des ressources

Si la Banque centrale était nationalisée, et l'État réellement démocratique, celui-ci pourrait alors décider de fournir l'économie en monnaie non plus via les banques commerciales mais directement via les citoyens en répartissant également entre eux la monnaie qu'elle créerait en la versant sur leur compte bancaire (financement monétaire d'1/3 de l"AU). On se rend compte que cette méthode est bien plus rationnelle que de laisser les banques décider à quelles entreprises il faut accorder des crédits pour financer leurs investissements. Qui sait mieux que chaque individu ce qui est préférable pour lui-même ? Ce sont les citoyens - clients ultimes de toute économie - qui par leurs modifications d'achats sont les mieux à même d'indiquer aux entreprises (privées comme publiques) à quels types d'investissements elles doivent consacrer leurs bénéfices.

Selon nous, l'allocation universelle (telle que définie par nous) est la meilleure façon d'optimiser la nécessaire combinaison entre marché et planification, et cela d'autant plus que la société humaine fonctionne sur le mode d'un réseau neuronal. L'histoire économique montre que la planification en régime dit "représentatif", tout comme la "main invisible" des banques d'investissement, permettent à la classe dirigeante de s'approprier de façon indue les richesses produites, ce qui éloigne le système économique de l'efficacité optimale.

Grâce à l'AU (telle que définie par nous) ce sont les citoyens - clients ultimes de toute économie - qui par leurs modifications d'achats sont les mieux à même d'indiquer aux entreprises (privées comme publiques) à quels types d'investissements elles devraient consacrer leurs bénéfices. Ainsi la structure productive de nos économies serait bien plus efficace car développée, non plus en fonction des intérêts de cette infime minorité de la population que sont les actionnaires majoritaires des banques, mais bien en fonction des besoins de la majorité de la population. Il en résulterait une meilleure adéquation de l'offre à la demande de biens et services, et par conséquent une plus grande stabilité économique.

Les économies dites "libérales" (capitalisme de marché) ou "socialistes" (capitalisme d'État) appliquent toutes deux un mélange de planification centralisée et de marché libre. La différence se situe au niveau du dosage de ces deux options. En outre ces systèmes économiques capitalistes, de type "libéral" comme "socialiste", ont généralement en commun de se prétendre démocratiques malgré que le pouvoir soit en réalité au main d'une oligarchie contrôlant le capital.

Stabilité
financière

L'AU se substituera à une partie des crédits vendus par les banques aux particuliers (essentiellement crédit à la consommation et crédit hypothécaire). Or l'offre de crédits étant traditionnellement très instable selon les intérêts particuliers des banques privées, la diminution de la part de monnaie créée sous forme de crédits réduira d'autant cette capacité de nuisance des banques (cf. les stratégies spéculatives de maximisation du profit à court terme, qui ont provoqué la crise de 2008, dite des "subprimes").

Secteur public plus efficace

Hausse des
recettes fiscales

Évitement fiscal. L'incroyable complexité du système fiscal est une des causes de la faiblesse des recettes fiscales effectives par rapport aux recettes théoriques car cette complexité est exploitée par les conseillers fiscaux des grandes sociétés et fortunes privées pour échapper "légalement" à l'impôt. Or les liens étroits entre systèmes fiscal et de sécurité sociale auront pour effet que la simplification de celui-ci se propagera à celui-là.

Travail en noir. Une partie des chômeurs travaillent comme indépendants ou salariés sans déclarer leur revenu, non pas pour échapper à l'impôt mais parce qu'ils n'ont pas d'autre alternative pour financer leur ménage. S'ils déclarent leurs revenus ils perdent le droit aux allocations de chômage. Or en remplaçant celles-ci par l'AU - qui est inconditionnelle - on supprimerait cette incitation au travail non déclaré. La transformation d'une partie du travail non déclaré en travail déclaré se traduira par une hausse des recettes fiscales.

Selon Marc de Basquiat « le pari de la transparence et de l'universalité des règles fiscales et sociales est à la base du consentement à l’impôt. On contribue plus volontiers à un programme compréhensible qu’à un "machin" flou qu’on suspecte d’alimenter des avantages particuliers dont on est exclu ».

Augmentation de
la productivité

Avec une AU permettant à chaque citoyen de financer ses besoins primaires sans devoir travailler le principe de garantie (officielle ou officieuse) de l'emploi des fonctionnaires pourrait être abandonné. Cela permettra aux institutions publiques de gagner en efficacité et de réduire leurs dépenses grâce à la diminution progressive du nombre de fonctionnaires inutiles (parce que surnuméraires, insuffisamment qualifiés ou non motivés).

Développement durable

Au niveau
démographique

Pays en développement. Au delà d'un certain niveau le taux de natalité peut freiner le développement économique et social. C'est généralement le cas des pays les moins développés. Or il se fait que le taux de natalité diminue lorsque les femmes acquièrent l'indépendance financière, ce à quoi contribuerait considérablement l'AU (diverses expérimentations - présentées au chapitre "Application" - montrent que les revenus procurés par l'AU sont généralement utilisés pour créer des micro-entreprises).

Pays développés. Dans les pays développés la problématique est inversée. Le taux de natalité est descendu en-dessous du niveau de reproduction de sorte que la population vieillit et diminue (toute autre chose étant égale, dont l'immigration). Or il ressort d'expériences réalisées en Amérique du nord dans les années 1960 et 1970 que dans ce type de situation l'effet de l'AU est également inversé : les mères isolées réduisent leur temps de travail pour se consacrer à leurs enfants [source].

Ces effets différentiés de l'AU entre les deux groupes de pays fait donc de l'AU une stratégie alternative aux flux migratoires, comme facteurs "push" et "pull" d'équilibrage démographique. Enfin concernant les flux migratoires intranationaux, l'AU induira des transferts importants des régions riches vers les régions les plus pauvres, ce qui devrait participer à repeupler les campagnes et désengorger les régions urbaines.

Au niveau
écologique

La diminution de la variété des espèces animales et végétales et le réchauffement climatique suggèrent que le capitalisme (d'État ou de marché) est incompatible avec la préservation des écosystèmes. Dans le système économique actuel - sans allocation universelle telle que définie par nous - les populations pauvres convergent vers les zones de concentration du capital (capitalisme). La contrepartie de l'exode rurale c'est l'uniformisation des paysages par des méga-entreprises (agricoles dans les campagnes, industrielles dans les villes), ainsi que l'évincement de l'artisanat et des productions locales. Notre AU inverserait le processus : ce ne sont plus les individus qui doivent se déplacer par concentration vers le capital, mais au contraire celui-ci qui est réparti vers les individus là où ils habitent. Ainsi en opérant une meilleure répartition géographique du capital l'AU participerait à éradiquer ces zones de sur-concentration, et les méga-entreprises qui tuent l'artisanat et la production locale.

Au niveau
psychique

Etant donné que l'AU (telle que nous la définissons au chapitre "Définition") aura pour effet de mieux répartir le temps libre entre les individus il en résultera nécessairement une diminution des maladies liées au stress professionnel. Cela permettra en outre de réduire d'autant la part des prélèvements fiscaux qui financent aujourd'hui les considérables dépenses de soins de santé induites par le stress professionnel [source1, source2, source3, source4].

Stress au travail

Source : OCDE

Pour approfondir :

Valoriser les activités utiles

Jusqu'au début du 19° siècle le travail féminin se concentrait essentiellement sur les “tâches domestiques” (cuisiner, laver, coudre, s'occuper des enfants et des vieux parents, ...). L'industrialisation du 19° siècle, puis le développement du secteur tertiaire (les services) au 20° siècle eurent pour effet de pousser la majorité des femmes vers le salariat. Ce phénomène fut largement encouragé par le patronat pour qui l'accession des femmes au “marché du travail” (sic) permit d'y accroître la concurrence et d'ainsi freiner les hausses de salaire.

D'autre part, la consommation augmentant sous l'effet du conditionnement publicitaire, un seul salaire ne suffisait plus pour financer les nouveaux “besoins” d'une famille moderne, ce qui a poussé encore plus de femmes sur le marché du travail.

L’appareil d’État (médias, enseignants, associations subsidiées, ...) présenta ce phénomène comme une évolution positive car participant à “l'émancipation féminine” par rapport au mari. En réalité la dépendance des femmes au mari fut remplacée par la dépendance à un employeur, et cela pour un travail pas nécessairement plus gratifiant et socialement utile que la gestion du ménage.

On se rend compte alors qu'une véritable émancipation consisterait en une allocation universelle (NB : du moins telle que définie par les modèles synthétique ou collectiviste), reconnaissant l'importance de la fonction - assumée par l'homme ou/et la femme - de gestion du ménage.

Gestionnaire
de ménage

L'on sait aujourd'hui que de nombreuses maladies propres aux pays développés sont causées par l'alimentation industrielle. Tous les nutritionnistes reconnaissent que les aliments les plus sains sont ceux que l'on prépare soi-même. Or préparer des repas variés et composés d'aliments frais exige du temps ainsi que du savoir-faire. Étant donné que les dépenses de santé sont le premier facteur de hausse des dettes publiques on se rend compte à quel point cette fonction nourricière dans la gestion du ménage est primordiale. Une autre fonction importante est la collaboration avec les parents âgés. Mais ceux-ci sont de plus en plus délaissés par des enfants absorbés par la vie professionnelle soumise à une compétition toujours croissante.

En conclusion, ne serait-il pas judicieux de bannir l'expression “femme/homme au foyer”, de lui substituer celle de “gestionnaire de ménage”, et que cette fonction puisse être renforcée par une formation spécifique de l’enseignement supérieur ? Le cursus pourrait en être aussi passionnant que pratique : comptabilité, droit, informatique, nutrition (culture potagère, cuisine, ...), soins de santé, psychologie, techniques de base de l’habitat (électricité, plomberie, maçonnerie, mécanique, ...), etc.

Partager le droit d'entreprendre

Le statut de chômeur n'incite pas à créer sa propre entreprise, contrairement à l'AU qui est inconditionnelle, et donc cumulable avec n'importe quel autre revenu !

Nombreux sont les citoyens - chômeurs ou salariés - qui voudraient lancer leur propre entreprise, mais qui n'y arrivent pas faute de temps disponible et d'un capital de départ suffisant. Il est en effet extrêmement difficile de concrétiser un projet d'entreprise lorsqu'il faut en outre travailler 35 heures par semaine pour assurer les besoins élémentaires (logement, nourriture, vêtements, ...). Ainsi les biographies de "self made men" présentés par les médias comme des illustrations du "rêve américain" révèlent généralement que ceux-ci ont en réalité bénéficié d'un capital de départ octroyé sans conditions par les parents ou le conjoint, leur permettant ainsi de consacrer pendant plusieurs années la totalité de leur temps de travail à leur projet. Cette facilité favorise d'autant plus la réussite d'un projet que le succès requiert généralement plusieurs tentatives préalables infructueuses : 90% des start-up font faillites [source], et cela dans les 5 premières années.

Prédation bancaire. Un effet souvent oublié de ces faillites est que l'entrepreneur n'a plus les moyens de rembourser les dettes contractées auprès de sa banque pour lancer son projet. La banque saisit alors les biens mis en gage (généralement un immeuble d'habitation). Ce phénomène de prédation accentue évidemment les écarts de richesse au profit de cette infime minorité de la population qui possède les banques (NB : l'entrepreneur débutant peut certes tenter de se financer par actions plutôt que par emprunts, mais cela est bien plus difficile, et dans la plupart des cas impossible ...).

En Namibie un système d'AU fut expérimenté en 2008-2009 (bignam.org) : 930 villageois ont pu bénéficier d’un revenu de base mensuel représentant environ la moitié du revenu moyen. A l'issue de l'expérience on aurait constaté une augmentation de 300% des auto-entreprises et une baisse du chômage de plus de 60% [source].

Hausse de la productivité
du travail humain

Dans le système actuel nombreux sont les salariés et indépendants qui voudraient se former mais ne le peuvent soit par manque de temps (il doivent absolument travailler pour obtenir un revenu), soit parce que leur employeur ne propose pas de formation. L'AU permet de faire une pause carrière consacrée à un formation dans un domaine d'autant plus motivant qu'il est choisi librement par l'individu. Enfin dans les pays en développement nombreux sont les enfants qui travaillent - plutôt que d'aller à l'école - sans quoi les revenus de la famille seraient encore plus insuffisants. l'AU aurait pour effet d'augmenter le taux de scolarité.

Egalisation du statut social des travailleurs indépendants et salariés

Entre 2006 et 2012 (France) le revenu moyen des indépendants a baissé de 15% ! N'est-il pas injuste que les petits indépendants ne bénéficient pas de la même couverture sociale que les salariés. En remplaçant l'actuel système de sécurité sociale par l'AU on met tout le monde à égalité (cf. Chapitre "Définition").

Ubérisation et précarisation de l'auto-entreprenariat (1m39s - 2017)

Les nouveaux territoires du salariat et du travail indépendant (7m28s - 2016)

Suppression du principe de pension légale

Le système de la pension légale tend à décourager l'activité de personnes pourtant très utiles à la société de par leur longue expérience [source]. Quant au recul de l'âge de la retraite c'est clairement une régression sociale en raison de son caractère coercitif. Le véritable progrès social c'est l'AU, qui rend complètement obsolète le principe même de la retraite légale.

Il y a aussi la problématique du financement des pensions. Actuellement les pensions sont financées essentiellement par répartition des revenus du travail - les cotisations des actifs sont transférées aux retraités [wikipedia] - ce qui requiert, si l'on veut maintenir le niveau des pensions, d'augmenter d'autant plus le taux de cotisation que le ratio de dépendance démographique (population à l'âge de la retraite / population en âge de travailler) augmente plus vite que la productivité du travail [En 1945 le ratio de dépendance était de quinze cotisants pour un retraité, en 1980 il n'était plus que de quatre, et on estime qu'en 2050 il sera d'environ 1,25 - approfondir].

Un système d'AU garantissant aux individus le financement de leurs besoins primaires pourrait donc s'avérer une adaptation rationnelle du système de sécurité sociale à l'augmentation de la durée de vie (et du chômage structurel).

Progrès démocratique

Le meilleur partage du temps de travail induit par l'AU permettra à ceux qui le souhaitent de consacrer plus de temps au travail politique (par opposition au travail économique), et donc de participer au processus de gouvernance démocratique. Or plus un démocratie est directe, plus faibles sont les dépenses publiques injustifiées, lesquelles participent à maintenir un haut niveau de dette publique, et dont beaucoup ont en outre un impact écologique épouvantable.

Permettre aux moins riches de socialiser

15 % des belges vivent avec moins de 1.000 euros par mois. Dans ces conditions il est très difficile de socialiser [source]. C'est pourquoi le montant de l'AU devrait être fixé au moins au niveau du salaire minimum légal, soit 1.500 euros par mois.

Baisse de la criminalité

Alors que même les universitaires ont de plus en plus difficile de trouver du travail rémunéré, et que la reconversion professionnelle requiert nettement plus de temps que ce que prétendent les associations patronales, nous allons nécessairement assister à une augmentation de la criminalité et à l'instauration d'États policiers si l'on continue sur la voie du capitalisme. L'AU aura donc pour effet de pacifier la société.

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