I. Introduction

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Màj : 2 mai 2021   –   # pages : 2 [?]

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Définition

Les concepts d'allocation universelle (AU), revenu universel, revenu de base ou encore salaire à vie ont en commun le principe de revenu minimum garanti (RMG).

Celui-ci, déjà en application dans de nombreux pays, peut être vu comme une étape vers l'AU. Pour ce faire, il reste à (i) automatiser et universaliser ("inconditionnaliser") son allocation, (ii) augmenter son montant jusqu'à un niveau permettant de vivre (chichement) sans devoir travailler. Il s'agit d'éradiquer la pauvreté ainsi que son corollaire qu'est l'exploitation salariale, et d'ainsi donner à chacun la possibilité de construire à son rythme un projet de vie productive.

« L’exercice des droits et la garantie des droits fondamentaux sont la base pour permettre à chacun.e d’assumer ses responsabilités familiales, sociales, citoyennes d’exercer son pouvoir d’agir pour soi-même et pour les autres » [source].

Objectifs
et effets

Cette évolution devrait s'inscrire dans une adaptation du système socio-fiscal au contexte économique, social et technologique du 21° siècle. Il s'agit notamment de : (i) simplifier le système socio-fiscal ; (ii) égaliser (vers le haut) le statut des indépendants avec celui des salariés ; (iii) résoudre la problématique financière du chômage et des pensions ; (iv) déstigmatiser les ayants droits à l'aide sociale ; (v) neutraliser les phénomènes de trappe à inactivité [1] et de non exercice du droit aux aides sociales [2] ; (vi) limiter les écarts de richesse ; ...

Modèles

Divers modèles d'AU sont proposés. Parmi les principaux points de divergence il y a le montant de l'AU et son mode de financement, c-à-d in fine la mesure dans laquelle l'AU modifiera le niveau actuel de redistribution des richesses (ce que les plus riches – qui devraient en être les seuls contributeurs nets – appellent le "coût" de l'AU).

Inconnues

Les phénomènes économiques étant complexes il n'est pas facile de prévoir quels seront effectivement les effets supposés de l'AU. La problématique est donc autant scientifique que politique, et relève du tâtonnement. Deux grandes inconnues concernent l'effet induit de l'AU sur :

  • l'offre de travail : l'éventuelle diminution nette du nombre de personnes travaillant contre rémunération sera-t-elle compensée par une probable baisse de la demande de travail induite par la robotique et l'IA ?
  • les salaires : vont-ils augmenter ou diminuer (et le sens de cette variation sera-t-elle la même pour les hauts et bas salaires ?).

Dans l'article consacré à l'application de l'AU nous avons montré que celle-ci devrait provoquer une baisse modérée de l'offre de travail, ce qui en vertu de la loi de l'offre et de la demande devrait théoriquement conduire à une hausse modérée des salaires [cf. /salaire-minimum#effets-AU-sur-salaires].

Travail
et valeur

Le capital n'étant qu'un moyen (objet) de production, seul le travail humain est facteur (agent) de production. Le développement de la robotisation augmentée par l'intelligence artificielle pourrait être l'occasion de réduire le travail capitaliste, très matérialiste, consumériste et majoritairement en voie de précarisation (CDI --> CDD). Cette évolution technologique pourrait favoriser et valoriser le développement du travail libre : familial, associatif, politique (démocratie directe), scientifique (recherche fondamentale), artisanal, ...

  • L’emploi est le cadre juridique et institutionnel dans lequel le travail – salarié ou indépendant – s’exerce.
  • Valorisation. Dans le système économique actuel les personnes travaillant par exemple dans la publicité, ou participant à la conception de techniques d'obsolescence programmée, sont économiquement valorisés, ... alors que nous tentons de limiter nos émissions de CO2. À l'opposé, des chercheurs et développeurs sans emploi, qui travaillent d'arrache-pied pour concevoir et développer des modèles politiques, économiques et technologiques fondés sur le partage et la modération ne sont pas soutenus par les gouvernements. L'allocation universelle du modèle synthétique permettrait de réduire la taille du premier groupe et d'augmenter celle du second.

Le progrès technologique (internet des objets, le big data et l'IA) et des techniques sociales (AU) conduisent irrémédiablement à une évolution transformant l'actuel paradigme « ceux qui peuvent travailler le doivent » en « ceux qui veulent travailler le peuvent ». Il ne s'agit plus de forcer les individus à travailler mais de faciliter la réalisation de travaux qu'ils définissent eux-mêmes, collectivement (notamment via les coopératives publiques) ou individuellement. Les gens ne travailleront plus pour éviter la pauvreté mais pour accéder au luxe : on passe ainsi d'une logique réactive à proactive. Ce sera désormais le travail libéré qui réalisera la valorisation économique, actuellement déterminée par les banques (de plus en plus) et les États (de moins en moins).

Pour ce faire il importe de créer les conditions – notamment institutionnelles, légales et financières – favorisant la réalisation de ce nouveau paradigme sociétal.

La Constitution française de 1946 stipule (Article 5) : « Chacun a le devoir de travailler et le droit d'obtenir un emploi ». Cependant se pose la question de ce qu'est un travail "utile" ? Le chômeur de longue durée qui fait de la recherche fondamentale et publie ses travaux est-il moins utile à la société que le salarié d'une société de publicité qui nous incite à consommer toujours plus de produits futiles ? (par exemple des jeux vidéos véhiculant une idéologie associant le meurtre à un jeu). Enfin comment expliquer que plus d'un demi siècle après l'élaboration de cette Constitution son Article 11 ne soit toujours pas vérifié pour tous : « Tout être humain qui, en raison de son âge, de son état physique ou mental, de la situation économique, se trouve dans l'incapacité de travailler a le droit d'obtenir de la collectivité des moyens convenables d'existence

Modèle
synthétique

Fondé sur une analyse détaillée des modèles libéral et collectiviste de l'AU, le modèle synthétique peut être résumé comme suit :

  1. il existe une formulation universelle de l'AU, ne laissant pas de place à l'arbitraire parce que fondée uniquement sur des valeurs observables, et conduisant à un montant qui est proche de l'actuel salaire minimum légal net ;

  2. la réalisation d'une AU d'un tel montant implique un changement de paradigme économique et politique vers :

    1. une conception relativiste de la notion de valeur, ce qui implique la symétrisation de la politique monétaire c-à-d création monétaire à taux constant et allocation égalitaire et gratuite de la création monétaire entre les personnes physiques [cf. /financement-distributif] ;

    2. un contrôle démocratique des principaux moyens de production :

      • l'État devrait disposer de plusieurs entreprises publiques concurrentes dans chaque secteur stratégique, et si nécessaire faire du statut de grande entreprise (soit moins de 0,1% des entreprises) un monopole public [approfondir];

      • gestion des entreprises publiques sous statut de coopératives publiques [approfondir];

    3. une gouvernance mondiale de type confédéral [approfondir].

Réalisation

Une telle transformation du système économique ne peut se réaliser que progressivement. Cependant cette évolution peut-être accélérée et modulée démocratiquement, en combinant allocation universelle et démocratie directe. C'est précisément l'objet de konfedera.org, un concept de système écopolitique consistant en une Confédération d'États souverains, fondés sur le partage des pouvoirs politique, financier et productif.

[1] Il y a effet de trappe à inactivité lorsqu'un allocataire du chômage ou du RMG n'est pas incité à reprendre une activité professionnelle (salariée ou indépendante) parce qu'il estime qu'il en résulterait une baisse globale de l'ensemble de ses revenus et patrimoine monétaires (allocations, revenus professionnels) et non monétaires (temps libre, quantité et qualité du réseau relationnel, opportunité de développement de ses capacités, opportunité de carrière professionnelle, ...) [cf. /securite-sociale-actuelle#trappe-inactivite].

[2] Les causes du non recours sont diverses : ignorance des ayants droits, complexité des démarches administrative, crainte de la stigmatisation, ... Ce phénomène est méconnu par une partie considérable de la population malgré son ampleur. Ainsi selon le type d'aide sociale le taux de non recours peut varier de 30% à 60% ! Cette "redistribution non exercée" représenterait près de 0,5% du PIB [source p. 330]. À l'opposé, l'image de l'allocataire social "profiteur" est toujours prégnante dans la population, alors que sa réalité est relativement insignifiante en comparaison avec la fraude fiscale (qui est surtout le fait des plus riches) [cf. /securite-sociale-actuelle#fraude-sociale].

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