VIII. Faisabilité

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Màj : 18 sep. 2023   –   # pages : 10

Introduction

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La problématique de la faisabilité de l'AU porte moins sur la question du financement que sur la réaction de l'offre de travail et (probablement dans une moindre mesure) sur un éventuel effet inflationniste. Mais là aussi, il semble que les anticipations pessimistes ne sont pas fondées.

Offre de travail

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 1. Motivations matérialistes
 2. Motivations spirituelles
 3. Expérimentations
 4. Service civil ?
 5. Conclusion

Motivations matérialistes

Selon une étude réalisée en 2008-9 par Angus Deaton et Daniel Kahneman (prix Nobel d'économie respectivement en 2015 et 2012), au-delà d'un budget de 6.250 dollars net par mois pour un individu (et non pour un ménage US, qui était en moyenne de 2,6 personnes à cette date), l'argent ne participerait plus à une augmentation du sentiment de bonheur [source]. Or ce montant représente 1,54 fois le PIB/hab US de 2008 [source]. Si l'on transpose ce pourcentage au PIB/hab français de 2021, on obtient 1,54 * 3.200 = 4.928 euros/mois.

On notera que ce niveau de 75.000 USD net par an (qui est confirmé par une étude plus récente : source) correspond presque exactement au sommet de la courbe d'ajustement de degré 2, exprimant l'espérance de vie en fonction du PIB/hab [source].

Par conséquent, soit pour la France en 2021 :

  • un niveau de vie médian de 1.911 euros/mois ;
  • une durée effective du travail à temps plein de 39 heures/semaine [source] et partant un salaire horaire net de 1.911 / ( 39 * 4 ) = 12,25 euros/heure ;
  • une AU de 1.250 euros/mois ;

... on peut alors calculer comme suit le niveau d'AU à partir duquel l'offre de travail se réduirait :
( 4.928 - AU ) / 4 / 12,25 > 39    ⇔
AU < 4.928 - 39 * 4 * 12,25 = 3.017 euros/mois

On voit donc qu'une AU de 1.250 euros/mois ne réduirait aucunement l'offre de travail (ceteris paribus). C'est même le contraire qui va se produire, dès lors que – contrairement au système actuel d'allocations d'aide au revenu – l'AU est cumulable avec une activité professionnelle déclarée.

C'est pourquoi 1.250 est le niveau minimum de l'AU. Si la volonté politique existe, on pourrait résolument l'augmenter jusqu'à la moitié du PIB/hab, soit 3200 / 2 = 1600 euros/mois (France, 2023).

Temps de
travail
naturel

Soulignons enfin que le chiffre de 39 heures/semaine est à comparer avec le temps de travail hebdomadaire des humains en économie de cueillette et chasse, estimé à environ 28 heures/semaine [source], et que nous appelons "temps de travail naturel".

La comparaison de ces deux chiffres peut être interprétée au regard de deux faits importants, concernant les notions de productivité et de pauvreté :

  • Productivité. La productivité du travail est extraordinairement plus élevée dans les économies modernes que dans celles de cueillette et chasse. Or l'effet du progrès scientifique et technologique – conçu comme une accumulation d'informations, suite aux expériences du travail quotidien, et transmises dans l'espace (commerce) et le temps (transfert du savoir par les anciens) – devrait logiquement se traduire par une augmentation du niveau de vie ... sans augmentation du nombre d'heures de travail au delà du temps de travail naturel (approfondir : /temps-de-travail). PS : on notera que c'est là également une condition du développement durable.

  • Pauvreté. « Les peuples les plus primitifs du monde ont peu de possessions, mais ils ne sont pas pauvres. La pauvreté n'est pas une certaine petite quantité de biens, ni seulement une relation entre les moyens et les fins ; c'est avant tout une relation entre des personnes. La pauvreté est un statut social. En tant que tel, elle est l'invention de la civilisation. Elle s'est développé avec la civilisation, à la fois comme une distinction odieuse entre les classes et, plus important encore, comme une relation tributaire qui peut rendre les paysans agraires plus vulnérables aux catastrophes naturelles que n'importe quel camp d'hiver d'esquimaux d'Alaska » [source].

Motivations spirituelles

Diverses enquêtes sociologiques montrent que la plupart des humains aiment travailler, pas seulement pour s'enrichir et acquérir des biens "de luxe", mais aussi, et peut-être surtout parce que le travail est l'occasion :

  • de socialiser et entretenir un réseau de relations ;
  • de nous réaliser en mettant en valeur nos talents ;
  • d'être socialement utile.

Ainsi Jean Tirole, prix Nobel d'économie 2014, confirme que « particulièrement prégnante est la demande de dignité. Il est de la nature de la très grande majorité des êtres humains de se sentir utile à la société, et non d'être une charge pour elle. (...) La plupart des individus veulent être utiles à la société, et l'emploi, rémunéré ou non (comme le travail en milieu associatif) est une façon d'atteindre cet objectif » [source p. 91 et 559].

NB : Tirole n'avance pas cet argument pour justifier l'AU mais la ... flexibilisation du travail sur le modèle des réformes Hartz !

La satisfaction d'être utile à la société est logiquement d'autant plus prégnante pour les tâches ingrates telles que le ramassage des poubelles. Ainsi les ramasseurs de poubelles (également appelés "ripeurs") sont évidemment bien conscients de l'importance de leur travail (que l'on comparera utilement a la "valeur" du travail des publicitaires par exemple, mieux payés, alors qu'ils sont nuisibles à l'environnement ...).

Et puis s'il s'avère que l'AU de notre modèle synthétique implique d'augmenter les salaires des travaux ingrats pour que ceux-ci continues d'être réalisés, n'est-ce pas plutôt une évolution positive ? N'est-il pas profondément injuste qu'ils soient en outre peu rétribués ?

Enfin, des biens et services sont également produits par celles et ceux qui, bien que n'ayant pas de travail salarié ou indépendant, ont néanmoins une activité productrice. On observe déjà aujourd'hui le développement d'un « secteur quaternaire » composé de bénévoles actifs dans des domaines variés : soins de santé, journalisme, recherche scientifique, art, ...

Résultats d'un sondage sur l'AU [source]

  1. Si vous aviez un revenu de base, est-ce que vous iriez encore travailler ? :
    • Oui, comme avant : 60% ;
    • Oui, mais plus à plein temps, je ferais autre chose : 30% ;
    • Non, d’abord dormir et après on verra : voyager, s’occuper des autres, reprendre des études, ... : 10%.
  2. Si on instaurait un revenu de base, pensez-vous que les autres continueraient à travailler ? :
    • Non, probablement que la majorité des gens ne seraient plus motivée pour aller travailler : 80% ...

Analyse. Ainsi donc, selon que l'on questionne les sondés sur eux-mêmes ou autrui, ils donnent globalement des réponses contradictoires. Or il semble que l'auto-évaluation soit de moindre qualité que celle par autrui ... [source].

Expérimentations

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 1. Résultats
 2. Méthodologie
 3. Simulations
Résultats

Amérique du Nord. Dans les années 1968 à 1972 quatre expériences de "revenu garanti" furent menées aux USA dans différents milieux (urbains ou agricoles), auprès de différentes populations (couples, familles monoparentales, ...). L’objectif principal était de tester le comportement des travailleurs. Ces expérimentations ont permis d’observer une faible diminution du temps de travail chez les hommes mariés (1 à 8 %), plus élevée chez les femmes mariées (15 à 20 %), et encore plus élevée (mais toujours minoritaire) chez les mères isolées, qui réduisent leur temps de travail de 15 et 27 % [source]. Il se pourrait donc que la réduction du temps de travail chez les femmes serait motivée moins par la paresse que par désir de consacrer plus de temps à l'éducation des enfants (NB : ce qui aura probablement un effet positif sur leur productivité une fois devenus adultes ...). Notons enfin que pour être complète, une telle étude devrait évaluer la part des augmentations de temps de travail induites par l'AU, via la suppression de l'effet de trappe à inactivité !

Ainsi une étude publiée en 2017 par rooseveltinstitute.org et portant sur une série d'expérimentations aux USA et au Canada conclut qu'un revenu inconditionnel même substantiel ne réduit que faiblement voire pas du tout l'offre de travail. En outre des effets très positifs sont observés sur la santé physique et psychique, les résultats scolaire, l'ambiance familiale et la criminalité [source].

Afrique. Des expériences furent réalisée entre 2008 et 2012 dans un village de 1200 habitants en Namibie (montant de l'AU : 6,3 euros/mois, soit 54% du revenu moyen). Selon les promoteurs de l'expérience (des ONG protestantes allemandes) Les résultats furent très positifs : baisse drastique du nombre d’enfants en état de sous-nutrition, hausse du taux de scolarisation, ainsi qu’un développement des créations d’entreprises individuelles [source p.29].

Iran, champion du monde. Le remplacement (2010) de prix subventionnés pour les produits de première nécessité par un programme de subvention en espèces à l'échelle nationale et représentant 15% du revenu national a placé l'Iran à l'avant-garde de tous les pays en matière d'évolution vers une forme d'allocation universelle [source]. Cependant le nombre d'ayant droit a été considérablement revu à la baisse en 2016 en raison de la baisse des revenus pétroliers de l'Iran, qui constituaient l'unique source de financement de cette AU [source]. Une information importante que livre l'expérience iranienne – outre la la fragilité des économies de rente– est que l'impact de l'AU sur l'offre de travail fut grandement exagéré par la presse locale [source].

Inde. En 2010, pendant dix-huit mois, 6 000 villageois, pauvres et souvent analphabètes, ont reçu des paiements mensuels inconditionnels. Il apparaît que ceux-ci ont été utilisés principalement pour se désendetter, pour envoyer les enfants à l'école, pour réparer la maison ou acheter des outils de production. Ainsi l'entrepreneuriat s’est développé, grâce à une sécurité financière minimale, incitant à prendre davantage de risques [source].

Méthodologie
Expérimentation
intégrale
impossible

Philippe Van Parijs, professeur à l'université catholique de Louvain, fait remarquer qu'il n'est pas possible d'expérimenter l'AU de façon incontestable dès lors que l'expérimentation est partielle [source, p.117] :

  1. Horizon temporel limité :

    • les effets de l'AU ne peuvent être correctement évalués qu'un certain temps après que l'AU ait été intégralement implémentée : ce n'est qu'alors que les interactions - qui peuvent accentuer ou atténuer l'effet global du système - auront pleinement agi ;

    • le comportement des "cobayes" sera très différent selon qu'ils anticipent que le système d'AU est définitif ou qu'il prendra fin au terme de la période d'expérimentation : dans le second cas, une partie des bénéficiaires aura tendance à ne plus travailler, afin de profiter de l'AU avant qu'elle ne soit supprimée.

  2. Exclusion des contributeurs nets : il est difficilement concevable d'impliquer des contributeurs nets dans une expérimentation de l'AU (et plus généralement l'expérimentation du volet fiscal se heurte à des contraintes constitutionnelles, notamment en ce qui concerne l'égalité devant l'impôt).
Modalités
d'expérimentations

Modalités temporelles. La durée d'une expérimentation devrait être au moins de 3 années, mais idéalement elle devrait porter sur deux voire trois générations, soit 60 années ...

Modalités spatiales. Celles-ci peuvent impliquer l'ensemble de la population de quelques zones (quartiers, villes ou régions) du territoire national (par exemple une prospère et l'autre en décrochage économique), ou seulement un échantillon représentatif composé d'individus répartis sur l'ensemble du territoire national.

Modalités factuelles. Il importe de compenser les limitations spatio-temporelles en maximisant le nombre des faits mesurés. En voici une liste non exhaustive (p. 126).

Évaluation. Les méthodes et résultats de l'expérimentation doivent être validée par un organe indépendant composé d'experts (scientifiques, fonctionnaires, ...).

Comparaisons. Lors de comparaisons internationales d'expérimentations il importe de vérifier que l'on compare ce qui est comparable (montant, degré de conditionnalité, objectifs spécifiques éventuels de l'expérimentation, ...).

Simulations

Marc de Basquiat, ingénieur et économiste cofondateur du Mouvement français pour un revenu de base, fait justement remarquer que devant l’ampleur des évolutions induites par la mise en place du revenu de base, le recours à des simulations économétriques dans un but prévisionnel est très aléatoire. « Un changement de paradigme ne se modélise pas comme une évolution paramétrique. Nous ne pouvons que faire des hypothèses empiriques sur les taux d’actifs qui réduiront leur activité ou les inactifs actuellement résignés qui reprendront une activité, éventuellement partielle » [source].

En outre ces hypothèses seront probablement très dépendantes du montant de l'AU. Mais dans tous les cas, certains arrêteront de travailler (NB : pour des raisons pas nécessairement critiquables) tandis que d'autres retourneront au travail, et d'autres encore aux études.

Service civil ?

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Une garantie de production pourrait être assurée par l'instauration d'un service civil consistant en du travail presté régulièrement par chaque citoyen dans des entreprises 100% publiques (NB : nous considérons toute administration publique comme une entreprise publique). Ce service civil reposerait essentiellement sur trois principes :

  1. Lieu et fréquence. Durant toute sa vie (jusqu'à l'âge de la "retraite civile") chaque citoyen serait tenu de participer régulièrement (x jours tous les y mois) à un "service civil" dans une entreprise publique.

    Calibraqe. La fréquence (le y) et la durée (le x) de ce travail civique devraient être proportionnelles à la baisse de l'offre de travail induite par l'instauration de l'AU, qu'il conviendra donc d'évaluer.

  2. Type d'activité. Le type d'activité exercée par chaque citoyen dans le cadre du service civil changerait chaque année, et le nouveau type d'activité serait déterminé par un algorithme de choix aléatoire (avec adaptations pour les cas particuliers : personnes handicapées, etc). Ainsi des chefs d'entreprise, avocats, médecins pourraient se voir attribuer un service civil de ramassage de poubelles, ce qui en terme de cohésion sociale est hautement enrichissant.

    Dès lors que les postes de travail à fournir seront généralement basiques, la problématique des compétences est quasiment neutralisée. D'autre part, qu'un directeur de banque ou un médecin soient régulièrement amenés à ramasser les poubelles est hautement bénéfique pour la cohésion sociale dès lors que les élites seront amenés à vivre régulièrement le quotidien de 99 % de la population, et en côtoyant ainsi certains d'entre-eux dans l'égalité d'un statut professionnel occasionnel.

  3. Rétribution. Le service civil serait rétribué en plus de l'AU, et le salaire serait unique c-à-d identique pour tous et quelle que soit l'activité exercée.

Le taux de population active (A) nécessaire pour éviter une chute du PIB (donc du niveau de vie) suite à l'introduction de l'AU ne concerne pas les mêmes personnes chaque année : en moyenne 1-A % de la population pourra passer une année sabbatique tous les A/(1-A) années (soit tous les trois ans si A=75%) !

Douze mois de vacances sur quatre ans, cela fait 12/4=3 mois de vacances par an, pour tous le monde, et cela en éradiquant la pauvreté !

L'État pourrait intégrer la planification de la répartition des périodes de SCP et des périodes sabbatiques.

On constate ici à nouveau l'utilité d'une plus grande participation de l'État à la production des biens & services essentiels, via des entreprises 100% publiques.

Et l'inconditionnalité ?! Ce service civil rompt évidemment avec le principe d'inconditionnalité. Mais il demeure que les principes ci-dessus valent pour tous les citoyens, mêmes les plus riches (l'inconditionnalité est donc remplacée par la symétrie). En outre ce service civil pourrait n'être imposé que pour les premières années d'instauration de l'AU, puis être supprimé s'il est confirmé que l'effet de l'AU sur l'offre nécessaire de travail est effectivement négligeable. Mais peut-être constaterons-nous que les effets bénéfiques du service civil en matière de cohésion sociale sont tellement prégnants que l'on décidera de le conserver ...

Bilan sur l'offre de travail

Bore-out

Il ressort des faits que nous venons d'évoquer, que l'effet de l'AU sur l'incitation au travail, et partant sur l'offre de travail, sera relativement limité (qu'il soit positif ou négatif). Il importe cependant d'évaluer correctement une éventuelle réduction de l'offre de travail afin de mesurer son impact sur la production de biens et services (peut-être certains secteurs seront-ils plus touchés que d'autres).

Un effet concomitant à l'effet sur la production concerne les recettes fiscales, puisque chaque citoyen qui arrête son activité, (ou retourne en activité) professionnelle suite à l'instauration de l'AU, c'est autant de recettes d'impôts en moins (ou en plus) sur les revenus du travail en moins pour l'État.

Nous avons évalué l'effet de l'AU sur l'offre de travail à - 5 %, mais avec compensation par :

  • la probable explosion de la productivité du travail grâce à la robotique augmentée par l'intelligence artificielle ;
  • la baisse de l'effet de trappe à inactivité, grâce à la nature inconditionnelle de l'AU ;
  • l'augmentation du revenu disponible pour des investissements dans la création de petites entreprises familiales.

Selon nous, il apparaîtra que l'effet de l'AU sur le travail est plus qualitative que quantitative. La nature des produits et services, leur mode de production et consommation, tout cela va évoluer sur base des principes de développement durable (cf. la notion de champ de valeur).

Concernant des effets qualitatifs sur les modes de production on notera la cogestion et la neutralisation du AU participe à éradiquer le syndrome d'épuisement professionnel par l'ennui et à libérer ainsi des travailleurs pour des activités productives.

Nouveau paradigme culturel. Pour le sociologue Alain Caillé « la seule chose que la société soit en droit de demander positivement en échange d’un revenu inconditionnel de citoyenneté, ce n’est pas de l’utilité, indéterminable, mais de l’initiative, de la vie et de la participation effective à la production de la collectivité par elle-même. Liberté doit être laissée à ceux qui reçoivent un revenu inconditionnel, dont il faut quand même rappeler qu’il ne leur permet guère de mener la grande vie, de décider par eux-mêmes de ce qui est utile ou de ce qui ne l’est pas ».

D'autre part le sociologie précise que « le fait de ne pas exiger de retour ne signifie pas et ne doit surtout pas signifier qu’on n’en attend pas » [source]. L'État aura donc un important rôle éducatif à exercer pour construire et entretenir une nouvelle culture adaptée au nouveau paradigme de sécurité sociale. À cet égard l'éventuel service civil évoqué à la section précédente pourrait jouer un rôle important.

Inflation

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Le risque d'inflation doit être analyse à trois niveaux :

  • monétaire : il n'y pas d'effet inflationniste d'origine monétaire, puisque le financement monétaire/distributif de l'AU (AUD, soit 16 % de l'AU) ne s'ajoute pas à l'actuelle création monétaire, mais s'y substitue ;

  • demande de biens & services : le probable transfert de monnaie de la sphère financière vers la sphère réelle – provoqué par le financement fiscal/redistributif de l'AU (AUR, soit 84 % de l'AU) – pourrait quant à lui avoir un effet non négligeable sur la demande de biens & services composant le panier de l'indice des prix à la consommation. L'inconnue majeure est ici la part de l'augmentation du revenu disponible des ménages qui sera consacrée à l'investissement productif (création de micro-entreprises) plutôt qu'à la consommation : plus cette part sera grande, plus la pression inflationniste sera temporaire.

  • coûts de production : dans la mesure où une AU de 1250 euros/mois augmente le pouvoir de négociation salariale des salariés, les salaires devraient augmenter (toute autre chose étant égale).

Il y aurait donc un effet inflationniste (mais probablement "one shot") dans la mesure où (i) la baisse de l'offre de travail induirait une hausse des salaires ou une baisse de la production et (ii) l'effet redistributif provoquerait une hausse de la demande dans la sphère réelle (mais compensée par une baisse de l'inflation dans la sphère financière. Les pressions inflationnistes induites par l'instauration de l'AU seront probablement plus fortes dans les régions les plus pauvres. (cf. /principes-monetaires#analyse-spatio-temporelle-inflation).

Conclusion

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Bien que les que les anticipations pessimistes concernant la faisabilité de l'AU du modèle synthétique ne semblent pas fondées, il importe néanmoins de réaliser son implémentation avec prudence, c-à-d progressivement. Nous proposons pour ce faire un plan d'implémentation, sur une période d'une douzaine d'année.

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Auteur : F. Jortay   |   Contact :   |   Suivre : infolettre

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