Allocation universelle
allocation-universelle.net

> 7. Analyses Recommander Imprimer 24/51 pages [?]L'article "De la création monétaire" comportant une cinquantaine de pages A4, il a été réparti sur cinq fichiers correspondant chacun à une section. Le ratio x/y indique le nombre de pages de la section affichée (soulignée dans le plan ci-dessous) par rapport au nombre de pages de l'article. màj : 26 fév. 2017

De la création monétaire Recommander màj :

PLAN

  1. Introduction
  2. Synthèse
  3. Notions monétaires
    • Fonctions et formes
    • Politique monétaire
    • Dynamique monétaire
    • Monnaie et inflation
    • Modèles hétérodoxes
  1. La création monétaire
    telle qu'est est à ce jour
    • Création
    • Destruction
    • Analyse globale
    • Revenus des banques
  1. La création monétaire
    telle qu'elle pourrait être

vLa création monétaire telle qu'elle pourrait être (TRM) Haut

Le nouveau système monétaire proposé ici est fondé sur la théorie relative de la monnaie (TRM), conçue par l'ingénieur Stéphane Laborde, et dont la première version fut publiée en 2010 (creationmonetaire.info).

Nous verrons que le caractère relatif de cette théorie se justifie par la relativité de la notion de valeur. Dans la mesure où, comme nous allons voir, le respect de cette subjectivité requiert un système vérifiant le principe de symétrie en matière de création et d'allocation monétaire, la TRM pourrait aussi bien être nommée TSM : théorie symétrique de la monnaie.

J'explique ici la TRM "à ma façon" (Stéphane Laborde est ingénieur, je suis économiste) afin de participer à sa compréhension, critique constructive et propagation. Quiconque ayant terminé ses études secondaires est théoriquement apte à comprendre les développements ci-dessous.

N.B. Avant de continuer la lecture de la présente section v de cet article consacré à la création monétaire il est vivement recommandé, si ce n'est déjà fait, de lire les sections précédentes, en commençant par l'introduction.

Principes fondamentaux de la TRM

La TRM peut s'énoncer en deux points : la monnaie créée doit être :

  1. distribuée également et gratuitement entre tous les citoyens (le dividende universel, noté Ut ) ;
  2. créée à un taux de croissance (c) relativement constant, seulement fonction de l'espérance de vie (v) et du taux de croissance de la population, selon les formules suivantes :
    • c = ln(v/2) / (v/2)
    • Ut+1 = Max [ Ut ; c * Mt / Nt+1 ] où Ut = c * Mt / Nt , M = masse monétaire, N = population

Monnaie libre ? Avec son concept de "monnaie libre" Laborde entretient malheureusement une certaine confusion ayant pour effet que de nombreux partisans de la TRM croient que seules les monnaies locales peuvent appliquer le principe de symétrie spatio-temporelle, ce qui est faut. Pour approfondir cette question voir le point "Monnaie libre" de la section V.8.1.

La TRM se fonde sur le principe que la valeur d'un bien ou service est une notion subjective en ce sens qu'elle est relative à chaque individu (PS : Laborde n'utilise pas le terme "subjectif"). Il en résulte que, pour être efficace, le système monétaire ne peut préjuger à priori de la valeur de ce pourquoi il créé de la monnaie. Par conséquent la monnaie créée devrait être systématiquement répartie également et gratuitement entre tous les individus (le "dividende universel"). La monnaie doit être un bien public géré selon les principes de la démocratie directe.

Dans le système monétaire actuel ce n'est pas le cas car les banques commerciales se sont appropriées le monopole de la création monétaire. Ainsi elles n'accordent des crédits qu'en échange d'intérêts, et cela uniquement aux personnes de leur choix. Or, la monnaie servant notamment à faciliter les échanges, ce devrait être aux échangeurs de biens/services et non aux banques pourvoyeuses de la monnaie de décider de la valeurs des biens/services. Ce monopole permet aux banques de s'enrichir au détriment de la population, notamment par (i) les intérêts perçus sur la monnaie créée via les crédits (90% de la création monétaire) et (ii) les chantages récurrents à la faillite du secteur bancaire lorsque leurs investissements spéculatifs s'avèrent perdants.

La relativité de la notion de valeur justifie donc d'autant plus le rôle de l'État pour garantir que le partage des richesses produites par la société soit équitable plutôt que résultat de rapports de force (entre prêteurs et emprunteurs, employeurs et salariés, ...). Ces considérations sont à rapprocher de la différence entre "valeur d'usage" et "valeur économique/marchande" concernant les notions de "travail" vs "emploi" - approfondir.

La TRM propose un nouveau système monétaire fondé sur le principe de symétrie spatio-temporelle de la création monétaire. Celle-ci ne devrait avantager aucun individu ni aucune génération. Tous les individus devraient être égaux devant la création monétaire, indépendamment de leur situation géographique ou temporelle. Le référentiel dans cet espace-temps est l'homme : chaque individu est identifié par ses coordonnées dans l'espace et le temps.

Notation mathématique de la symétrie spatio-temporelle dans la TRM

On peut formaliser mathématiquement la notion de symétrie spatio-temporelle en recourant aux dérivées.

Représentation géométrique de la dérivée

C'est quoi une dérivée ?. Exemple : soient y mesurant la distance, et x le temps, on peut exprimer la vitesse d'un objet - identifié par ses coordonnées (x,y) - comme étant la "dérivée de y par rapport à x". Cette dérivée se note dy / dx ou encore df(x) / dx, où "dz" exprime une variation "infiniment petite" de la variable z (PS : la notion d'"infiniment petit" permet de parler de vitesse "en un point"). De même l'accélération - soit la vitesse de la vitesse - s'exprime sous la forme de "dérivée seconde" et se note d2y / dx. Géométriquement la dérivée première est la tangente à la fonction y = f(x)[approfondir].

Venons en maintenant à un autre exemple concret : la création monétaire dans le cadre de la TRM.

La symétrie spatiale de la création monétaire (dM) par rapport aux individus s'exprime comme suit :

dM / dx = 0

La symétrie temporelle de la création monétaire (dM) par rapport aux individus s'exprime comme suit :

dM / dt = c M(t)

Notons enfin que la nature équitable [1] de la TRM n'est pas d'ordre moral mais économique. La TRM montre que les déficiences du système capitaliste (écarts de richesse croissants, crises financières à répétition, émigration rurale, flux migratoires exogènes, déséquilibres écologiques et culturels, ...) sont essentiellement causées par le fait que le système monétaire actuel ne respecte pas le principe de double symétrie spatiale et temporelle. Pour bien comprendre pourquoi et comment la théorie relative de la monnaie neutralise ces inefficiences nous allons maintenant la développer en détails.

Démonstration de la TRM

Nous développons ici la TRM à notre façon quant à la forme, mais en restant le plus fidèle possible à la version de son auteur quant au fond. Nous pourrons alors la critiquer, de façon constructive.

Dans cette démonstration nous aborderons successivement les points suivants :

  1. Taux de croissance
  2. Symétrie spatiale
  3. Symétrie temporelle
  4. Valeurs de c et Ut
  5. Quantitatif vs relatif
  6. Une zone monétaire, une durée de vie
  7. N variable
Taux de croissance

Il nous faut commencer le développement de la TRM par un rappel théorique concernant la mesure des taux de croissance. Soit une grandeur M variant à un taux de croissance c, la relation entre M au moment t+1 et M au moment t s'exprime comme suit :

Mt+1 = Mt + c * Mt    Mt+1 = (1+c) * Mt      ( 1 )

Notez que si, dans la formulation de la symétrie temporelle dM / dt = c * M(t) (cf. cadre précédent), on pose dt = une unité de temps (l'année tropique dans la TRM) on peut alors l'écrire : Mt+1 - Mt = c * Mt, qui donne la première égalité ci-dessus.

Ceci est la formule du taux de croissance discret c-à-d par entre deux années consécutives. Mais il nous sera utile d'utiliser également la formule du taux de croissance annuel moyen calculé par rapport à une année de base t=0. On la trouve comme suit.

Si l'on compare (1) pour quelques valeurs consécutives de t, puis qu'on opère les substitutions on obtient :
M1 = (1+c) * M0
M2 = (1+c) * M1    M2 = (1+c) * (1+c) * M0    M2 = (1+c)2 * M0
M3 = (1+c) * M2    M3 = (1+c) * (1+c)2 * M1    M3 = (1+c)3 * M0
etc ...

dont on déduit que : Mt = M0 * (1+c)t     ( 2e )

Ceci est la formule du taux moyen effectif (d'où le petit e) de croissance exponentielle (exponentielle car le taux c est au moins constant [2]). Nous aurons également besoin de la formule du taux moyen intrinsèque, qui est une approximation à la limite pour c proche de zéro :

Mt ≈ M0 * ec * t     ( 2i )

En effet, soit  1+ce = eci    où ce et ci sont les taux de croissance effectif et intrinsèque
limc→0 (1+c) = limc→0 ec   [source]
1 = 1

Ces notions étant comprises passons à la formalisation des conditions de symétrie spatio-temporelle.

Symétrie spatiale

Soient M la masse monétaire et N le nombre d'individus de la zone monétaire (que, dans un premier temps, nous supposons constant), on peut alors transformer la première forme de l'équation (1) comme suit :

Mt+1 / N = (Mt / N) + Ut       ( 3 )      où       Ut = c * Mt / N       ( 4 )

symétrie spatiale : la croissance monétaire est également partagée entre tous, par dividende universel Ut distribué annuellement à chaque individu.

Forme continue. L'équation (4) présente Ut sous forme discrète (c-à-d entre deux années consécutives). On pourrait aussi considérer sa forme continue (c-à-d par rapport à une année de base t=0), exprimée en fonction du taux de croissance moyen (effectif ou intrinsèque). Pour ce faire il suffit de substituer (2e ) ou (2i ) dans (4) qui devient alors :
Ut = c * (1+c)t * M0 / N ( 4e ) ou    Ut ≈ c * ec * t M0 / N ( 4i )

Symétrie temporelle

Selon la TRM pour que les générations successives de citoyens soient traitées également en matière d'allocation monétaire il importe que le taux de croissance de la masse monétaire (c) soit non nul mais constant, ce qui est logique si l'on veut que la croissance monétaire accompagne le développement économique mais en traitant également chaque génération. Pour formaliser cette première condition de symétrie temporelle nous avons déjà l'équation (2).

Il reste alors à répondre à la question suivante : quelle devrait être la valeur de ce taux constant de croissance monétaire ? Pour répondre à cette question on doit trouver une seconde équation qui jointe à la précédente nous donnera la valeur de c. Comme il s'agit d'établir une condition de symétrie entre anciennes et nouvelles génération cette fonction F devra comprendre la valeur d'un centre de symétrie (s) tel que Mt / Mt-1 = F(s). Par rapport à quoi ce centre de symétrie devrait-il être établi ? Réponse : par rapport à une grandeur caractérisant les générations. Stéphane Laborde propose l'espérance de vie (v), de sorte que le centre de symétrie est v/2.

Laborde justifie le choix de v/2 comme centre de symétrie temporelle - plutôt que v - par le fait que certains individus meurent beaucoup plus jeunes qu'à l'âge v, et que par conséquent ce choix respecte mieux le principe de symétrie temporelle.

F(s) se précise donc : Mt / Mt-1 = F(v/2). Pour établir la fonction F commençons par en inventer une la plus simple possible. Laborde propose que F soit telle qu'à tout instant t la masse monétaire en circulation représente v/2 fois son volume en t - (v/2), où v est l'espérance de vie de la zone monétaire considérée :

Mt = s * Mt-s       ( 5 )      où :

PS : ne pas confondre ce v minuscule avec le V majuscule qui représente la vitesse de circulation monétaire.

Nous disposons maintenant d'un système de deux équations (2 et 5) dont on va déduire la valeur de c en leur appliquant le même intervalle temporel v/2 :

( 2i )Mt+v/2 / Mt ≈ ec * v/2
( 5 ) Mt+v/2 / Mt = v/2

Ce qui nous donne : ec* v/2 ≈ v/2      c * v/2 ≈ ln(v/2)   

c = ln(v/2) / (v/2)       ( 6 )

symétrie temporelle : le taux de croissance monétaire (c) est une constante, fonction de l'espérance de vie (v).

Valeurs de c et Ut

À partir des équations (4) et (6) nous pouvons maintenant calculer le taux de croissance de M ainsi que la valeur de U pour chaque année.

Que vaut c ? Pour v = 80 l'équation (6) donne : c ≈ ln(40)/40 = 0,0922 (9,2%) par an .

À titre de comparaison le taux de croissance annuel moyen de M/N dans les pays de l'OCDE entre 2000 et 2010 était de 6,6 % pour M1 et 5,9 % pour M3.

Que vaut Ut ? Pour cela nous avons l'équation (4). Cependant pour calculer le U de la première année d'application intégrale de la TRM il faut, selon Laborde, multiplier les statistiques de M3 afin de prendre en compte le phénomène de tritisation de la monnaie-dette [approfondir] --> on doit remplacer M par 2M0 dans (4), ce qui donne une équation concernant uniquement la première année d'application intégrale de la TRM :

U0 = c * 2 * M0 / N       ( 7 )

Dans la zone euro (N = 300 millions) M3 = 9898 milliards € (fin janvier 2014, source : Eurostat)
l'équation (2) donne : U2014 = c * 2 * M2014 / N = 0,0922 x 2 x 9898 / 0,300 = 6084 euros soit 507 euros/mois par individu (rappel : l'unité temporelle de la TRM est l'année tropique).

Les deux graphiques suivants comparent l'évolution observée de M3 avec l'évolution calculée de Mtrm selon que l'on considère que M0 - la masse monétaire en circulation à l'année de base (nous avons choisi ici la valeur fin janvier 2000) - vaut 2 x M30 ou bien M30 (PS : à noter que dans le second cas Ut est diminué de moitié, ainsi U2014 tombe de 507 à 253 eur/mois ...).

M absolu versus M relatif
M absolu versus M relatif

Fichier ODS

Tritisation

Stéphane Laborde, le concepteur de la TRM, considère qu'il faut doubler les statistiques de M3, afin de prendre en compte le phénomène de tritisation monétaire [approfondir], ce qui aboutit à l'équation (7). Ce faisant Laborde aborde la problématique de ce qu'il faut considérer ou pas comme de la monnaie : M = M3, ou M4, ou M5, ... ? (cf. section iii > "Fonctions et formes de la monnaie").

Cette problématique induit une autre : l'intégration, dans la TRM, de la problématique de la transition entre le système monétaire actuel et un système fondé sur la TRM. Nous y reviendrons plus loin. Notons déjà ici que l'équation (7) revient implicitement à faire les hypothèses suivantes :

  1. les actifs monétaires tritisés arrivent tous à échéance au terme de l'année de base ;
  2. il n'y a plus de nouvelles tritisations dans la mesure où l'on considère que le remplacement intégral du système monétaire actuel par un nouveau fondé sur la TRM aurait pour effet de supprimer l'argent-dette.

Voir également l'article Wikipédia sur la finance de l'ombre ("shadow banking").

Quantitatif vs relatif

Sur base des équations (1) et (4) on peut à l'aide d'un tableur simuler l'évolution de U à partir de la valeur de M de l'année de base (ici 2014). Le graphique ci-dessous montre l'évolution de Ut en valeurs absolues (ligne bleue) et relatives (ligne rouge). Notez que ce graphique reflète également l'évolution absolue et relative de ΔM puisque U = c * M / N = ΔM / N (cf. équation 4) : ΔM augmente chaque année en valeur absolue mais reste constant en valeur relative puisque son taux de croissance est constant (PS : le qualificatif "absolu" est ... relatif : il n'existe pas de grandeur "absolument absolue", toute grandeur est relative à une autre).

U absolu et relatif

Fichier ODS

Rappelons-nous l'équation (3) selon laquelle, dans un système monétaire fondé sur la TRM, la masse monétaire par habitant augmente chaque année d'un montant Ut = c * Mt / N (équation 4)
Ut / Mt = c / N. La première forme de l'équation donne le U absolu (Ut) en montants annuels, et la seconde forme le U relatif (Ut / Mt), qui est constant (à 2,6 % de M 10-9 pour une zone monétaire à V = 80) puisque c est constant et que l'on considère N comme constant (PS : entre 1950 et 1990 la population française est passée de 41 à 56 millions soit une croissance moyenne de 0,8 % par an).

Qt et Rt. Intéressons-nous maintenant à l'évolution de Ut relativement à son accumulation durant la durée de vie d'un individu.

Grâce au calcul intégral nous allons pouvoir detérminer la somme Qt des Ut accumulés par un individu entre les années t0 et t :

Qt = ∫ t0t Ut dt =

[ c * 1/c * ec * t M0 / N ] - [ c * 1/c * ec * t0 M0 / N ] = (M0 / N) * (ec * t - ec * t0)     ( 8 )

On peut alors calculer le rapport Rt entre la somme des Ut accumulés par un individu et la masse monétaire par individu :

Rt = Qt / ( Mt / N ) =

[ ( M0 / N ) * (ec * t - ec * t0) ] / [ Mt / N ] = [ (ec * t - ec * t0) ] / [ ec * t ] = 1 - e c * ( t0 - t )     ( 9 )

qui est tel que :

ce qui permet de mesurer comme suit le phénomène de convergence :

Rv/2 / (lim R t→∞) = 1 - 1 / (v/2) = 97,5% pour v = 80

Autrement dit : "dans une zone monétaire "TRM" telle que v = 80 la somme des dividendes universelles accumulés par un individu atteint 97,5 % de la masse monétaire par individu, 40 années après être devenu membre de la communauté monétaire".

Destruction monétaire relative. Le graphique suivant montre l'évolution de Rt durant la vie d'un individu, et simule l'effet d'un décès à 80 ans, moment à partir duquel Qt n'augmente plus de sorte que Rt diminue et tend rapidement vers zéro à la limite. L'on constate donc que si dans un système monétaire fondé sur la TRM il n'y a pas destruction monétaire quantitative (c-à-d en terme absolu) il y a cependant destruction monétaire relative !

fichier ODS

Une zone monétaire, une durée de vie

L'équation (6) c = ln(v/2) / (v/2) - illustrée dans le graphique ci-dessous - montre que le principe de symétrie spatio-temporelle requiert que c soit plus élevé dans les zone économiques dont l'espérance de vie est plus faible, ou encore qu'il baisse lorsque l'espérance de vie d'une zone économique augmente.

c en fonction de v
N variable

Nous avons jusqu'ici supposé N constant. Afin d'affiner la TRM il convient cependant de lever cette hypothèse simplificatrice.

C'est l'occasion de préciser ce point important que N est la population utilisant le système monétaire de la TRM (NB : nous verrons que Laborde considère la TRM essentiellement comme une théorie de "monnaie libre" ...). Nt n'est donc pas nécessairement égal à la population totale de la zone monétaire considérée. Il le serait si le système monétaire actuel était intégralement remplacé par un nouveau fondé sur la TRM.

La levée de l'hypothèse de N constant amène une problématique importante : celle de l'initialisation, de l'instauration pratique d'un système monétaire fondé sur la TRM. La problématique se pose différemment selon (i) qu'on applique la TRM en tant que monnaie libre s'ajoutant ou complétant le système monétaire actuel, ou bien (ii) que l'État impose aux banques le remplacement du système monétaire actuel par un nouveau fondé sur la TRM. Mais avant d'aborder ce point il nous faut d'abord intégrer la variation de N dans la TRM.

Si N est variable les équations de symétrie deviennent :

symétrie spatiale :   Ut = c * Mt / N --> Ut = c * Mt / Nt = c * ( M / N ) t     ( 4N )
symétrie temporelle :   Mt = s * M t - s --> ( M / N ) t = s * ( M / N ) t - s     ( 5N )

Soit at le taux de croissance annuel de Nt alors, à partir de (4N), on peut exprimer Ut+1 en fonction de Ut et at :

Ut+1 = c * ( Mt+1 / Nt+1 ) = c * [ (1+c) * Mt]  /  [ (1+at) * Nt] = (1+c) / (1+at) * Ut       ( 10 )

D'où il ressort que :

Entre 1950 et 1990 la population française est passée de 41 à 56 millions soit une croissance moyenne de 0,8% par an. Il s'agit donc d'une valeur faible relativement à c = 9,2% par an.

Laborde propose alors une règle adaptée à une « monnaie libre indépendante partant de zéro », et permettant d'en « gérer de façon souple les variations imprévisibles de N tout en ayant une loi invariante dans l'espace et le temps » (NB : la règle serait inscrite dans le code informatique de cette monnaie libre).

Laborde propose de choisir systématiquement le maximum entre Ut et c * Mt / Nt+1 (NB : ce qui a donc pour effet que U n'est jamais diminué) :

Ut+1 = Max [ Ut ; c * Mt / Nt+1 ]       ( 11 )

Maintenant que l'hypothèse de N constant est levée nous pouvons aborder la question de l'installation d'un système monétaire fondé sur la TRM.

Approfondissements

Nous allons ici approfondir les fondements sur lesquels reposent les conditions de symétrie spatiale et temporelle de la TRM, à savoir :

Analyse de l'équation (5)

L'équation liant masse monétaire et espérance de vie est le fondement de la notion de symétrie temporelle dans la TRM. Il importe d'en approfondir la compréhension, notamment afin de pouvoir la critiquer en connaissance de cause et de façon constructive. Pour ce faire nous allons comparer graphiquement l'évolution du Mt obtenu par les équations (5) et (2), système dont nous avons déduit la valeur de c = ln(v/2) / v/2 pour v=80 soit 0.0922 :

Le graphique montre que Mt est d'abord inférieur à Ma t et augmente chaque année (d'un montant Ut = c * Mt) selon une courbe exponentielle. Le centre de symétrie est l'année où Mt rattrape Ma t.

Mt & Vt

Asymétrie. Si dans une zone monétaire la croissance monétaire est inférieure (supérieure) à sa valeur de symétrie (soit c = 9,22% s=40 pour v=80) alors Mt atteint la valeur de Qt après (avant) le centre de symétrie temporelle (t = v/2). La génération entrante (sortante) est donc défavorisée.

Asymétrie

On notera que, quelle que soit la valeur s attribuée au centre de symétrie temporelle, cette valeur correspond au nombre d'années à partir duquel Mt atteint le niveau de Ma t.

Données. Vérifiez par vous-mêmes au moyen du fichier ODS à partir duquel ces deux graphiques ont été calculés.

Champs de valeur

Si la Banque centrale était nationalisée, et l'État réellement démocratique, celui-ci pourrait alors décider de fournir l'économie en monnaie non plus via les banques commerciales mais directement via les citoyens en répartissant également entre eux la monnaie qu'elle créerait en la versant sur leur compte bancaire (si nécessaire en nationalisant tout le secteur bancaire). Cette méthode est bien plus rationnelle que de laisser la création monétaire aux banques [Rappel : celles-ci créent (et répartissent) la monnaie via des prêts "ex-nihilo", contre intérêts, et "accordés" (sic) uniquement à qui elles souhaitent]. Or ce ne sont pas les banques mais les citoyens - clients ultimes de l'économie, mais aussi producteurs locaux - qui par leurs achats et productions locales, sont les mieux à même d'indiquer aux grandes entreprises globales (privées, mais surtout publiques) à quels types d'investissements celles-ci devraient consacrer leurs bénéfices pour développer des produits et services utiles à la collectivité et respectueux de l'environnement.

Ainsi la structure productive de nos économies serait bien plus efficace car développée, non plus en fonction des intérêts de cette infime minorité de la population que sont les actionnaires majoritaires des banques, mais bien en fonction des besoins de la majorité de la population. Il en résulterait une meilleure adéquation de l'offre à la demande de biens et services, et par conséquent une plus grande stabilité économique.

En outre l'impact écologique serait particulièrement bénéfique. En effet, dans le système économique actuel - sans allocation universelle telle que définie par nous - les populations pauvres convergent vers les zones de concentration du capital (capitalisme). La contrepartie de l'exode rurale c'est l'uniformisation des paysages par des méga-entreprises (agricoles dans les campagnes, industrielles dans les villes), ainsi que l'évincement de l'artisanat et des productions locales. Un système monétaire fondé sur la TRM inverserait le processus : ce ne sont plus les individus qui doivent se déplacer par concentration vers le capital, mais au contraire celui-ci qui est réparti vers les individus là où ils habitent. Ainsi en opérant une meilleure répartition géographique du capital le système monétaire participerait à éradiquer ces zones de sur-concentration, et les méga-entreprises qui tuent l'artisanat et la production locale.

Un système monétaire fondé sur la TRM constitue donc un élément essentiel du développement durable. Il participerait à un changement de paradigme économique en (re?)donnant la primauté au "mieux" (qualitatif, simplicité, spiritualité) sur le "plus" (quantitatif, complexité, matérialisme).

Le "plus" maximise les profits de l'oligarchie au détriment de la majorité (capitalisme), tandis que le "mieux" correspond à l'optimalité sociétale.

Modélisation. Selon Laborde l'égalité M * V = P * Q (cf. section III. Principes monétaires) ne concerne que des quantités "intégrales globales" et n'est valable que « pour un temps court où les changements productifs, monétaires et individuels sont négligeables » . Dans la réalité cette situation où la monnaie en circulation représente exactement la valeur produite et échangée se produit rarement, de sorte que l'on a plutôt M * V - P * Q = Jt où Jt ‐ différentiel "monnaie-valeur" ‐ est appelé "champs de valeur J à l'instant t". Sa valeur pouvant être positive, négative ou nulle, l'égalité de la théorie classique M * V = P * Q n'est donc, dans la théorie relativiste, que le cas particulier (et rare) où Jt = 0.

Ceci est à rapprocher de la théorie thermodynamique de l'économie proposée par le physicien François Roddier, et dont nous avons montré qu'elle conduit à définir V comme l'inverse du potentiel de demande (utilité de la production) : une vitesse de circulation monétaire croissante "consomme" le potentiel de demande [approfondir].

Par rapport à la théorie classique la modélisation relativiste du phénomène monétaire est plus complète et fine car :

Mathématiquement le champs de valeur Jt est ainsi formulé par l'intégrale des champs différentiels :

Jt = ∫ t0tx=1n dJx       ( 12 )    où

dJx= ( dMpx + dMex ) - ( Ppx * dQpx + Pex * dQex )   dans sa forme "Monnaie - Valeur"

= ( dMpx - Ppx * dQpx ) + ( dMex - Pex * dQex )    dans sa forme "ΔProduction + ΔÉchange"

( 13 )

 où :

Géométriquement le champs de valeur est donc composés de "bosses" (dJx > 0) et de "creux" (dJx < 0). Les bosses sont des zones locales où il y a « surplus de monnaie par rapport à la valeur potentielle de la production locale effective de biens et services ». Les creux sont des zones où la valeur potentielle de la production locale excède la quantité de monnaie présente dans la zone. La TRM formalise ainsi de façon rigoureuse la dynamique des phénomènes d'instabilité évoqués plus haut : spéculation financière, exode rural, délocalisations d'entreprises, désindustrialisation, inflation/déflation, ... (voir aussi notre article "De la croissance économique au développement durable").

De ce concept de champs de valeur Stéphane Laborde déduit que l'implémentation d'un système monétaire fondé sur la TRM doit nécessairement reposer sur un système décentralisé, et en particulier sur des monnaies "libres". Dans la section suivante nous montrons que cette déduction restrictive n'est selon nous ni pertinente ni souhaitable.

ImplémentationTop

La présente section aborde la question de la mise en place d'un nouveau système monétaire fondé sur la TRM, son mode opératoire, et sa relation avec le système monétaire existant.

Réseau dans un système monétaire fondé sur la TRM la monnaie peut-être distribuée de façon :

Échelle la TRM peut être appliquée :

Concurrence par rapport au système monétaire existant un nouveau système monétaire fondé sur la TRM peut :

Installation un système monétaire fondé sur la TRM pourrait être installé :

À noter que Stéphane Laborde associe TRM et "monnaie libre", c-à-d une monnaie dont le fonctionnement (i) respecte le principe de symétrie spatio-temporelle, et (ii) est fondé sur un réseau partagé/décentralisé.

Le tableau suivant résume les modalités applicatives de la monnaie "libre".

"Monnaie TRM" libre

Mais il importe de ne pas confondre la fin (le principe de symétrie monétaire) et les moyens (monnaie libre vs monnaie officielle). L'État pourrait très bien appliquer la TRM à sa monnaie officielle ! Pour convertir le système monétaire au principe de symétrie spatio-temporelle c'est selon nous par la monnaie officielle qu'il faut passer, et non par les monnaies "libres" :

  1. Efficacité. Une monnaie officielle permettrait d'appliquer à l'ensemble de l'économie les principes de symétrie de la TRM, alors qu'une monnaie libre n'est systématiquement qu'une monnaie locale (NB : Bitcoin est certes utilisée partout sur la planète mais n'est pas une monnaie symétrique !).
  2. Redistribution. Une monnaie libre rendant possible l'anonymat, elle permet d'échapper à l'impôt. Or la taxation des transactions monétaires doit rester possible, afin que puisse être assurée une redistribution des richesses.
  3. Crédibilité. Nous avons montré dans la section "III.2. Politique monétaire" que l'État joue un rôle essentiel dans la crédibilité d'une monnaie auprès des agents économiques. En quoi un système décentralisé offre-t-il une crédibilité supérieure voire même seulement équivalente sur chacun des points mentionnés (notamment la poursuite des fraudeurs) ?
  4. Contrainte technique. Les systèmes distribués sont confrontés à une plus grande complexité que les systèmes centralisés, et même - selon le théorème CAP - à des limitations induisant d'inévitables arbitrages entre critères de performance des fonctionnalités du système.

    Réseau pair à pair VS centralisé

    Types de réseau

    De plus en plus de logiciels concernent des applications de réseau (mail, navigateur, Facebook, ...). Celles-ci sont conçues sur base de deux types possibles de réseau :

    • client-serveur c-à-d centralisé ;
    • pair à pair (PàP) c-à-d décentralisé (NB : en fait chaque noeud du réseau est à la fois client et serveur, mais aucun des noeuds n'est indispensable, contrairement au modèle centralisé qui ne peut fonctionner sans serveur).
    Avantages et
    inconvénients

    Le coût total d'un serveur (matériel, local, maintenance, sécurité, ...) est bien plus élevé que celui d'un terminal "pair". En revanche une application en réseau pair à pair est confrontée à une plus grande complexité, et même - selon le théorème CAP - à des limitations induisant d'inévitables arbitrages entre critères de performance des fonctionnalités de l'application.

    Exemple. Un moteur de recherche décentralisé est confronté à la difficulté d'opérer de façon décentralisée les fonctions suivantes :

    1. apprendre la topologie des nœuds du réseau (annuaire des utilisateurs, ...) ;
    2. rechercher l’information sur tous les nœuds ;
    3. recevoir une réponse d’un nœud répondant aux critères de recherche.

    Exemple d'arbitrage : garantir que toute recherche obtient un résultat peut impliquer que deux mêmes recherches n'obtiendront pas le même résultat.

    Réseaux sociaux
    et monopole

    Le réseau pair-à-pair est difficilement compatible avec un modèle d'entreprise privée. Concernant les applications dite de "réseau social", les utilisateurs préférant logiquement le réseau le plus populaire, celui-ci devient inévitablement un monopole. Le modèle d'entreprise du "réseau social" semble donc difficilement compatible voire incompatible avec le principe de concurrence (cf. Facebook). Dans ces conditions ne serait-il pas préférable qu'un réseau social soit géré par une entreprise publique ?

    NB : le fait que Facebook sera probablement remplacé un jour par un autre monopole privé, ne change rien à la problématique.

    Décentralisation :
    une illusion ?

    Selon nous il n'existe à ce jour aucun réseau complètement décentralisé et désintermédiatisé. Ainsi même le réseau Bitcoin (crypto-monnaie) :

    • n'est pas un système sans intermédiaires puisqu'il ne peut fonctionner sans le travail des mineurs, qui sont rémunérés en bitcoins pour (i) la validation des transactions (ce qui requiert la résolution d’une série d’algorithmes), (ii) l'hébergement d'une copie du registre (inscription de chaque transaction dans les chaîne de blocs) et partant (iii) l'achat et la maintenance des (puissants) ordinateurs que requièrent ces opérations.
    • n'est "décentralisé" que dans le groupe des mineurs, mais celui-ci constitue bien un serveur par rapport au reste des utilisateurs.

    La technologie de chaîne de blocs va sans doute permettre aux entreprises de faciliter l'externalisation de certaines de leurs activités et de réduire les frais des opérations de compensation. Mais il reste à démontrer qu'un système "décentralisé" peut l'être intégralement. Et dans l'affirmative il reste à démontrer qu'il serait plus efficace qu'un réseau mixte combinant des fonctions centralisées avec des fonctions décentralisées.

La "monnaie TRM" officielle que nous recommandons plutôt présente donc le profil suivant :

"Monnaie TRM" officielle

Ceci dit, sous certaines conditions (notamment de neutralisation du potentiel de fraude ficale) les monnaies libres ne sont pas incompatibles avec la monnaie nationale. Elles pourraient en outre participer à accélérer le processus de réforme des monnaies nationales vers l'application du principe de symétrie spatio-temporelle. Il importe que des monnaies libres soient conçues pour intégrer cette fonction catalytique.

Le tableau suivant compare les profils respectifs des "monnaies TRM" libre et officielle/nationale.

TypologieMonnaie TRM libreMonnaie TRM officielle
Réseau Décentralisé : chaque utilisateur du système de monnaie libre a théoriquement (?) la possibilité d'être producteur de cette monnaie (les "mineurs"). Centralisé : l'État vire le dividende universel (par exemple annuellement) sur le compte bancaire de chaque citoyen.
Échelle Utilisation locale ou du moins en petite communauté [approfondir : 41m50s --> fin]. Nationale.
Concurrence S'ajoute ou se substitue partiellement au système monétaire actuel. Substitution totale au marché monétaire actuel.
Installation Progressive. Quasi immédiate.

La TRM et l'inflation

Commençons par rappeler que nous entendons ici par inflation : "la hausse relativement durable du niveau général des prix".

Un système monétaire fondé sur la TRM serait-il plus inflationniste que le système monétaire actuel ?

Si l'on compare l'évolution historique de M3 à l'évolution calculée de M selon la formule (1) de notre démonstration de la TRM (MTRM) on constate que la croissance de MTRM est supérieure à celle de M3 (le taux de croissance annuel moyen de M/N dans les pays de l'OCDE entre 2000 et 2010 était de 6,6 % pour M1 et 5,9 % pour M3, alors que le taux de croissance monétaire de la TRM est de 9,2% ...). Par conséquent, selon la théorie monétaire classique, MTRM serait inflationniste.

M absolu versus M relatif

Fichier ODS

Selon la TRM c'est le système monétaire actuel qui génère des périodes d'inflation ou de déflation globale, car il ne respecte pas le principe de symétrie spatio-temporelle.

En fait le graphique ci-dessus compare "des pommes avec des poires". En effet il faut prendre en compte les effets qu'aurait eu le système monétaire durant cette période (et surtout avant) s'il avait été fondé sur la TRM plutôt que sur la théorie monétaire classique (cf. la notion de "champs de valeurs" évoquée plus haut). Étant donné que le principe de symétrie spatio-temporelle aurait été appliqué :

Dans notre article "Travail, valeur, éthique" nous avons montré l'effet phénoménal qu'aura l'AU sur la production économique, notamment en facilitant le travail de chercheurs bénévoles/indépendants/libres motivés par la recherche du savoir plutôt que par la maximisation du profit matériel. La multiplication qualitative du PIB induira une multiplication quantitative.

Par conséquent il est logique que le taux de croissance monétaire de la théorie relative de la monnaie soit supérieur aux taux de croissance monétaire historique : la différence entre les deux courbes ci-dessus n'exprimerait pas un "surplus" monétaire dans le chef de Mtrm mais le fait que dans un système monétaire fondé sur la TRM l'économie sera plus performante. Le différentiel Mtrm - 2*M3 > 0 exprimerait la valeur de ce gain de performance. Il est donc normal que la courbe Mrel se situe au-dessus et non en-dessous de la courbe 2*M3.

Inflation de transition. L'AU n'a donc pas d'effet inflationniste global dans la mesure où - par rapport à la situation actuelle - il n'y a pas création de monnaie superflue mais seulement redistribution monétaire. Au début de l'instauration de l'AU il y aura probablement des poussées inflationnistes locales, mais celles-ci seront temporaires. Elles ne sont que la compensation de l'actuelle période d'inflation extrêmement basse, voire négative.

Pour approfondir la problématique locale/globale du phénomène inflationniste, lire la section III.4. du présent article.

Cette inflation de transition pourrait être neutralisée par une transition graduelle du système monétaire actuel vers le nouveau, fondé sur la TRM.

Transition

La réforme du système monétaire pourrait être réalisée progressivement en commençant par une TRM partielle. Par exemple on pourrait remplacer le facteur 2 de l'équation (6) par la valeur αmin qui juxtapose la courbe de TRM partielle à la courbe de tendance de M3. Ainsi pour la zone euro, qui est telle que v = 80, αmin = 1,2 --> c = 0,0624 (équation 6) et U2014 = 307 euros/mois (équation 7).

c = ln(v/α) / (v/α)       ( 14 )      

αmin = 1,2 ≤ α ≤ αmax = 2 où α est le "taux d'approche" vers l'optimum relativiste (αmax)

M relatif complet versus M relatif partiel

Fichier ODS

L'on pourrait alors répartir la transition du système monétaire actuel (correspondant à αmin) vers le nouveau (correspondant à αmax) sur une période de neuf ans divisée en 3 tranches de trois années :

AnnéesTaux
d'approche
U absolu
(eur/mois)
U relatif
(% M 10-9)
2015-20171,2343 --> 3871,7
2018-20201,4471 --> 5392,0
2021-20231,7675 --> 8542,3
2024210512,6
2025211482,6
...2...2,6
U(α) absolu et relatif

Fichier ODS

Lecture du graphique. On voit bien l'approche progressive :

Prix relatifs

Dès lors que la création monétaire annuelle ΔM serait répartie symétriquement entre tous les individus il ferait sens d'exprimer les prix en % du dividende universel (soit Pr = P / U) , car ces nouveaux prix Pr constitueraient de parfaits indicateurs du pouvoir d'achat de U.

On exprimerait donc plus les prix des biens en euros mais en dividendes universelles : une bouteille de lait coûte x U, un pain coûte y U, etc.

Mais une autre conséquence serait que l'inflation d'origine monétaire n’apparaîtrait plus dans le nouvel indicateur de prix ..

En effet si dans l'équation P = M / Q (équation 2 de la section "III.4. Monnaie et inflation") on remplace
P par Pr * UU = c * M / N, on obtient :

Pr = N / (c * Q) ( 15 )

Ainsi, c étant constant et N variant peu, le nouvel indicateur du niveau des prix ne dépend plus que de la capacité de production Q, et plus de M.

Cela ne signifie pas que l'on peut créer autant de monnaie que l'on souhaite : celle-ci doit croître au taux c, pas plus ! Mais l'affichage des prix en % de U a pour effet bénéfique que la notion d'inflation (d'origine) monétaire disparaît.

Inflation réelle. Subsiste évidemment l'inflation/déflation d'origine non monétaire ("inflation/déflation réelle"), et avec elle son utile caractère informationnel pour la politique industrielle. Cependant l'inflation réelle ne peut être que locale, car au niveau global l'inflation ne peut être que monétaire [cf. section III.4. Monnaie et inflation]. Comprendre cette articulation entre local/global et inflation monétaire/réelle c'est comprendre l'essentiel des phénomènes monétaire et inflationniste.

La disparition de la notion d'inflation monétaire au niveau global aura évidemment une effet très positif en réduisant d'autant les anticipations inflationnistes inhérentes à un système monétaire non relativiste.

Questions à creuser :

TRM et taux de change

Tous les développements présentés jusqu'ici concernent une seule zone économique indépendamment des autres (chacune correspondant à une espérance de vie et une monnaie spécifique). Dans la réalité des zones monétaires différentes sont en relation et échanges des biens et services contre des devises. Que dit la TRM concernant le taux de change entre devises ? Commençons par un bref rappel théorique concernant les taux de change en général.

Taux de change

Le taux de change d'une devise A en une devise B - noté TA/B - exprime la valeur de B en nombre d'unités de A :

B = TA/B * A TA/B = B / A       ( 16 )

Exemple : taux de change de l'euro en dollars : TEUR / USD = USD / EUR = 1.252 USD (pour 1 EUR on a 1.252 USD)

Les monnaies en tant que devises sont donc des biens/services dont le prix est exprimé par rapport à une autre devise.

Politique de change

La politique de change est menée par les autorité monétaires, c-à-d les Banque centrale, généralement en collaboration. On peut distinguer deux types de politique de change :

Actuellement le système monétaire international est majoritairement fondé sur des politiques de change variable.

Valeur théorique

Différentes valeurs théoriques sont utilisées pour estimer si la valeur de marché d'un taux de change est surévaluée ou sous-évaluée. La plus utilisée est probablement la parité de pouvoir d'achat (PPA), qui mesure la quantité de devise A nécessaire pour acheter dans un pays B un panier de biens/services de référence. Un problème est que la composition du panier de référence influence considérablement la valeur théorique, or il n'existe pas de critères objectifs pour déterminer quels biens & services inclure dans le panier ... [approfondir].

Étalon de mesure

La monnaie n'est pas un bien/service comme les autres car elle sert justement d'étalon de mesure pour exprimer - en terme de prix - la valeur de tous les autres biens & services. Idéalement un étalon de mesure devrait être invariable, ou du moins ne varier que d'une ampleur non significative pour l'utilité des mesures.

On peut évidemment changer de référentiel, par exemple pour des raisons de stabilité/précision ou de facilité de traitement de la mesure du référentiel. Ainsi jusqu'en 1987 le mètre était considéré comme valant 1/40.000.000 du diamètre de la Terre, mais en 1987 on a changé de référentiel : on considère désormais que le mètre vaut la distance parcourue par la lumière dans le vide en 1/299.792.458 seconde [approfondir].

Le taux de croissance constant de U = M/N joue dans la TRM le rôle d'invariant que joue la vitesse de la lumière dans la théorie de la relativité d'Einstein. À noter que c'est son absence de masse qui confère à la lumière sa propriété d'invarience. De même la monnaie dématérialisée d'aujourd'hui - bien qu'on la mesure par sa "masse" - est pratiquement sans masse physique, et son coût de production très faible voire nul à la limite, en raison de sa nature "électronique".

Relativité. N'est absolument vrai que ce qui reste invariant même après changement de référentiel.

Instabilité
entretenue

L'instabilité du marché des devises dans sa pratique actuelle est source de revenus considérables pour les banques privées, notamment par la spéculation et les produits de couverture de risque de change. Les banques ont donc intérêt à stimuler l'instabilité, et cela au détriment de tous les autres agents économiques : entreprises, États et ménages. On observe d’ailleurs que la valeur des devises telle qu'elle est déterminée par les marchés fluctue continuellement et peut être déterminée beaucoup moins par les fondamentaux économiques (PIB, prix, balance commerciale, ...) que par des facteurs psychologiques (éventuellement provoqués par des campagnes médiatiques) ou des techniques sophistiquées de manipulation de cours.

Par conséquent, de même que l'on a convenu que le mètre vaut la distance parcourue par la lumière dans le vide en 1/299.792.458 seconde, ne devrait-on pas convenir que la valeur d'une monnaie vaut une grandeur qui soit relativement invariante dans l'espace (c-à-d selon les individus) et le temps ?

Taux de change en
système relativiste

Dans un système monétaire fondé sur la TRM la valeur théorique/attendue de la monnaie est mesurée relativement à une masse monétaire dont le taux de croissance est constant, et plus particulièrement par le rapport entre la masse monétaire par habitant monétisé de chacune de deux zones monétaires :

TA/B = ( MB / NB ) / ( MA / NA )      ( 17 )

L'expression "habitants monétisés" implique que l'on se situe dans le cas de zones monétaires n'ayant pas encore évolué vers la TRM. Lorsque cette évolution sera réalisée le pourcentage d'habitants monétisés sera égal à 100%. Par exemple en Chine la monnaie est fortement concentrée dans certaines régions (les plus industrielles) tandis qu'aux USA ou en Europe la disparité de la répartition est moindre (mais encore très supérieure à ce qu'elle serait en système monétaire relativiste). Donc en Chine le nombre de citoyens monétisés, c-à-d disposant d'au moins M/N, est très inférieur au nombre de citoyens US monétisés.

Le tableau suivant montre que le taux de change USD/EUR version TRM (NB : mais calculé à partir de M3, qui n'a pas évolué selon les principes de la TRM ...) est du même ordre de grandeur que le taux de change observé.

TEUR/USDFormuleValeur (2010)
TRM( Musd / Nusd ) / ( Meur / Neur )1,60
TMCUSD / EUR1,25 - 1,45

Des pommes et des poires. Il faut interpréter prudemment le taux de change théorique lorsqu'il est appliqué à la réalité actuelle, c-à-d à des économies dont le système monétaire n'est historiquement pas fondé sur les principes de symétrie de la TRM, et qui plus est lorsque ces économies se situent à des degrés de développement substantiellement différents (exemple : Chine vs USA, Burkina Fasso vs Singapour, ...).

Application :
CYN/USD, EUR/USD

CYN/USD. En chine le nombre de citoyens monétisés (Ncny) étant très faible l'approche vers la symétrie spatio-temporelle se réalisera surtout au niveau spatial (augmentation de Ncny) tandis qu'aux USA c'est essentiellement au niveau temporel (augmentation de Musd). Il en résultera mécaniquement une forte appréciation de TCNY/USD = ( Musd ↑ / Nusd ) / ( Mcny / Ncny ↑ ) .

EUR/USD. En raison des systèmes de sécurité sociale plus développés en Europe qu'aux USA le EUR est sans doute dans la situation inverse à celle du CNY par rapport aux USD de sorte son taux version TRM devrait lui baisser (mais dans une moindre mesure étant donné la proximité de ces deux économies).

Cette évolution conduira-t-elle à une convergence des taux de change vers un niveau d'équilibre "relativiste" ?

Le fait que l'évolution des taux de change version TMC depuis la crise de 2008 va précisément dans ce sens s’explique-t-il pas des politiques économiques s'orientant progressivement vers l'optimum relativiste ? La TRM ne rendrait-elle pas judicieux un système de change fixe fondé sur l'équation 17 ... ?

Pour compléter lire dans notre article "Confédération mondiale des États" la section "V. Devise internationale".

TRM et interêts

Détournement
de bien public

Qu'un crédit non créateur de monnaie (dépôt --> crédit) soit rétribué par des intérêts cela n'est pas choquant dans la mesure où ceux-ci servent d'assurance contre le risque de non-remboursement de certains des débiteurs d'une banque commerciale. Mais que les crédits créateurs de monnaie (crédit --> dépôt) - qui sont fabriqués ex-nihilo - rapportent des intérêts aux banques commerciales cela est scandaleux, alors que la monnaie pourrait et devrait être un bien bien public. Le financement partiel de l'allocation universelle (pour un montant de 500 euros/mois - 2014) par création monétaire distribuée également et gratuitement à tous les citoyens est donc justifié également d'un point de vue purement juridique.

Pour un système
monétaire équitable

Si le taux d'intérêt est supérieur au taux de croissance de la masse monétaire (ΔM/M en système classique, c = ln(v/2) / (v/2) en système relativiste) il est globalement impossible pour l'ensemble des débiteurs, considérés comme un seul, de rembourser les sommes empruntées aux banques en contrepartie de création monétaire. Et lorsque ce type d'emprunt est couvert par une hypothèque il en résulte un transfert de propriété immobilière du débiteur vers le créditeur. Certes le taux d'intérêt est rarement supérieur à la croissance monétaire globale (exprimée en %). Cependant, vu que nous somme dans un système monétaire à création asymétrique il en résulte que ce taux global sera localement (c-à-d dans certaines régions) inférieur au taux d'intérêt.

D'autre part les agents économiques sont - à juste titre - libres de fixer entre eux le niveau du taux d'intérêt relatif au contrat qu'ils concluent (NB : la notion de "liberté" du débiteur est évidemment très relative lorsque la nécessité de l'emprunt est vitale ...). Une particularité du système relativiste est qu'il y est moralement inacceptable qu'en cas de défaut du débiteur le créditeur bancaire puisse exercer un recours judiciaire contre le débiteur si le taux d'intérêt est supérieur à c (et ce recours doit donc être dans ce cas considéré comme légalement irrecevable). C'est justement parce que le système monétaire classique n'est pas symétrique qu'il rend impossible l'application de ce principe de justice : ΔM/M est imprévisible voire même non mesurable avec suffisamment de précision, contrairement à c qui est connu en tout temps et en tout lieu.

Interprétation marxiste du prêt et de l'intérêt (9m02s - 2015)

Bernard Friot est un sociologue et économiste français, professeur émérite à l'université Paris Ouest Nanterre La Défense (Paris X).

Commentaire sur la vidéo. On notera que dans cette analyse du prêt à intérêt Friot ignore le risque lié à tout investissement, et partant à l'éventuel crédit qui le finance. Or l'argument du prêteur est qu'une partie du taux d'intérêt se justifie par la couverture de ce risque sur l'ensemble des investissements que finance le crédit. Mais cet argument est-il encore recevable si l'on considère que la notion de valeur étant subjective, il importe justement de concevoir un système monétaire qui soit neutre en matière de détermination de ce qui est de la valeur ? Cette neutralité - que réalise le principe de symétrie de la TRM - dissipe ce risque, ou du moins le transfert à chaque citoyen, seul responsable de l'utilisation du temps libre que lui octroie l'AU.

Critiques et conclusion

Critiques

Nous avons identifié quatre critiques majeures de la TRM. Elles concernent la création monétaire constante, l'unité temporelle, les écarts de richesse et la monnaie libre.

Création monétaire
à taux constant

Cette critique concerne donc le principe de symétrie temporelle dans la TRM. Dans la section "III. Notions monétaires" nous avons montré que l'argument en faveur d'une politique monétaire "adaptative" (assouplissement ou restriction monétaire) repose sur la thèse selon laquelle les "autorités monétaires" seraient en mesure d'adapter rationnellement la masse monétaire aux besoins de l'économie, que ce soit pour seulement contrôler l'inflation ou en outre stimuler la croissance. Or la validité de cette thèse est aujourd'hui infirmée par la théorie du chaos (PS : pour comprendre en quoi cette théorie des systèmes complexes concerne la présente problématique lire la partie consacré à la thermodynamique dans notre article "Travail, valeur et éthique"). La TRM, en figeant dans le marbre le taux de croissance monétaire, supprime cette supposée capacité d'adaptation. Cependant de solides arguments suggèrent que ce pourrait être là justement ce qui fait de la TRM "la moins mauvaise politique monétaire". En effet il ressort des sections III et IV du présent article que la politique monétaire adaptative est opérée beaucoup moins dans l'intérêt collectif que dans celui des banques privées, voire de façon totalement arbitraire et irrationnelle. D'autre part l'effet important des anticipations sur les phénomènes économiques plaide en faveur d'une politique monétaire prévisible, ce qui est le cas de la TRM. Enfin concernant la critique selon laquelle le niveau du taux de croissance constant recommandé par la TRM (environ 10%) serait trop élevé, nous y avons répondu en détails dans la section V.5.

Unité temporelle

Ceci constitue le second talon d'Achille de la TRM. La méthode d'évaluation de "c" est telle que sa valeur change (et peut atteindre des valeurs irréalistes) si l'on change d'unité temporelle (l'année tropique dans la TRM). Ainsi si l'on raisonne - par exemple - en jours plutôt qu'en années "c" explose de 9,2 %/an à :
ln(40*365) / (40*365) = 0,066 %/jour soit 1,0006365 - 1 = 27 %/an [4]. La réponse de Laborde à cette objection est que l'activité économique serait rythmée par le cycle annuel des saisons (fait reflété par la comptabilité annuelle des entreprises et États), et que par conséquent ne pas se fixer sur l'année tropique comme unité temporelle n'aurait pas de sens. Notons à cet égard que le physicien François Roddier fait remarquer que la plupart des exemples d’effondrements de civilisations sont le fait de civilisations à moins de 35° de l’équateur, or plus on se rapproche de l'équateur moins les saisons sont marquées. Ces faits renforcent la thèse selon laquelle l'alternance de saisons serait un facteur de stabilité sociétale, par effet de synchronisation [source], ce que semble confirmer le moindre développement économique (mais aussi la meilleure préservation de l'écosystème ...) aux alentours de l'équateur [constater].

Écarts de
richesse

Laborde affirme qu'un système monétaire fondé sur la TRM réduirait les écarts entre les quantités monétaires détenues par les individus, et cela sans prendre à personne [source]. Cette affirmation peut faire croire que la TRM permettrait de réduire substantiellement les écarts de richesse sans prendre aux plus riches. Cependant l'exemple chiffré utilisé par Laborde présente des écarts de valeur en période 1 dans un rapport de l'ordre de seulement 1 à 20, lequel écart est réduit substantiellement après une dizaine d'années. Or aux USA par exemple le patrimoine des dix personnes les plus riches est plus de 100.000 fois supérieur à celui de 90% du reste de population ! [source]. Dans ces conditions compter sur la seule TRM pour ramener cet écart de richesse vers un rapport de 1 à 100 par exemple demanderait plus de mille ans !

Monnaie libre

Laborde associe TRM et "monnaie libre", qu'il définit comme étant toute « monnaie dont tous les utilisateurs sont co-créateurs, à parts égales » [source]. Ainsi définie une monnaie libre peut donc être aussi bien une monnaie locale qu'une monnaie nationale monopole d'État (pour autant que l'État applique le principe de symétrie temporelle à sa monnaie). Il importe donc de ne pas confondre la fin (le principe de symétrie monétaire) et les moyens (monnaie locale vs monnaie nationale). Dans la section V.4. nous avons montré pourquoi selon nous, pour convertir le système monétaire au principe de symétrie spatio-temporelle, il est préférable de passer aussi, voire surtout, par la monnaie officielle plutôt qu'uniquement par des monnaies "libres".

Nous recommandons un système multi-monétaire composé de monnaies complémentaires, appliquant toutes le principe de symétrie spatio-temporelle, mais se distinguant par leur dimension spatiale :

Pour une synthèse de la problématique spatio-temporelle d'un système multi-monétaire voir la section VIII.2. de notre article consacré au développement durable.

Nos conclusions
Vérification
expérimentale

Selon nous il ne faut pas jeter le bébé (le principe de symétrie spatio-temporelle de la création monétaire) avec l'eau du bain (la méthode d'évaluation de c et Ut, ou encore la notion de monnaie libre - à supposer que ces notions soient "à jeter", ce que nous n'affirmons pas). Le principe de symétrie conserve toute sa pertinence au regard des faits économiques observés. D'autre part la valeur de "c" est du même ordre de grandeur que les taux observés de croissance monétaire, et les taux de change calculés selon les principes de la TRM sont également proches des valeurs observées. Enfin l'application de la TRM au concept de monnaie libre pourrait constituer une étape intermédiaire vers la généralisation de la TRM à l'ensemble de l'économie sous la forme d'une monnaie officielle monopole d'État. La TRM est une jeune théorie, elle va certainement s'affiner dans la forme comme dans le fond, grâce à la confrontation de travaux constructivement contradictoires, tels que le présent article. La TRM mérite sans aucun doute de faire l'objet de vérifications expérimentales, notamment sous la forme d'une monnaie libre.

c : taux de croissance
naturel de la monnaie ?

Le taux de croissance constant de la création monétaire (c) que calcule la TRM définirait donc le taux de croissance naturel de la monnaie. Ce principe de symétrie temporelle joint à celui de symétrie spatiale (distribution égalitaire) constituerait donc le fondement monétaire du développement durable. À noter que, si l'expérimentation confirme qu'il existe effectivement un taux de croissance naturel de la monnaie, alors une conséquence logique en sera la disparition de tout fondement éthique et collectif à des attaques spéculatives sur les devises nationales "TRM", de sorte qu'au mieux ces attaques seraient vouées à l'échec, et qu'au pire elles devraient être considérées et traitées juridiquement comme des actes de folie destructrice (mandats d'arrêt internationaux contre les auteurs et bénéficiaires, confiscation de leurs avoirs, ...).

[1] Laborde qualifie la TRM d'éthique plutôt que d'égalitaire car, comparée à la notion d'égalité, celle d'éthique est (i) plus proche du principe de relativité (respect des différences) et (ii) mieux adaptée à un système dynamique et évolutif (le progrès est nourri par la confrontation des diversités).

[2] Le taux de croissance étant constant l'incrément de croissance augmente à chaque itération --> la suite des valeurs croissantes est dite géométrique. Lorsque l'incrément de croissance est constant la suite est dite arithmétique, et le taux de croissance diminue donc à chaque itération.

[3] La notion de potentialité exprime ici le fait que de nombreux échanges ou productions ne sont pas monétisés au moment où ils se produisent. Laborde cite comme exemple le cas de Richard Stallman - initiateur du mouvement du logiciel libre - qu'il considère comme un des plus grands créateurs de valeur économique ayant jamais existé mais qui pourtant n'en a retiré quasiment aucun bénéfice.

[4] Soient "j" et "a" les taux de croissance journalière et annuelle, il découle de l'équation (2e ) que (1+a)1 = (1+j)365