Introduction

màj : 18 juin 2018
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Définition

Les concepts d'allocation universelle (AU), revenu universel, revenu de base ou encore le salaire à vie ont en commun le principe de rémunération inconditionnelle des citoyens : une somme d'argent allouée régulièrement et inconditionnellement par l'État à chaque citoyen.

Objectifs

Cette "inconditionnalisation" (universalisation) de l'actuel revenu minimum garanti pourrait être l'occasion de réaliser une série d'objectifs importants : (i) neutraliser les phénomènes de trappe à inactivité et de non exercice du droit aux aides sociales [1] ; (ii) simplifier le système socio-fiscal ; (iii) égaliser le statut des indépendants avec celui des salariés, (iv) déstigmatiser les ayants droits à l'aide sociale, (v) résoudre la problématique financière du chômage [2] et des pensions, (vi) limiter les écarts de richesse, ...

Modèles

Divers modèles sont proposés. Parmi les principaux points de divergence il y a le montant de l'AU et son mode de financement, c-à-d in fine la mesure dans laquelle l'AU modifiera le niveau actuel de redistribution des richesses (ce que les plus riches – qui devraient en être les seuls contributeurs nets – appellent le "coût" de l'AU).

Inconnues

Deux grandes inconnues concernent l'effet induit sur l'offre de travail (dans quelle mesure baissera-t-elle ?) et sur le niveau des salaires (vont-ils augmenter ou diminuer ?).

Conception
plus ouverte
du travail

Le capital n'étant qu'un moyen (objet) de production, seul le travail humain est facteur (agent) de production. Le développement de la robotisation augmentée par l'intelligence artificielle pourrait être l'occasion de compléter et, si nécessaire, réduire le travail capitaliste (lequel est très matérialiste et consumériste), en favorisant le développement d'autres formes de travail : familial, associatif, politique (démocratie directe), scientifique (recherche fondamentale), artisanal, ...

D'autre part le progrès technologique et social conduit irrémédiablement à une évolution transformant l'actuel paradigme « ceux qui peuvent travailler le doivent » en « ceux qui veulent travailler le peuvent ». Il ne s'agit plus de forcer les individus à travailler mais de faciliter la réalisation de travaux qu'ils définissent eux-mêmes, de préférence collectivement (cf. coopératives publiques).

Pour ce faire il importe de créer les conditions – notamment institutionnelles, légales et financières – favorisant la réalisation de ce nouveau paradigme sociétal [3].

Modèle
synthétique

Fondé sur une analyse détaillée des modèles libéral et collectiviste de l'AU, le modèle synthétique conduit logiquement à deux conclusions majeures :

  1. l'AU ne fait sens en terme de progrès social et de rationalisation du système socio-fiscal que si son montant est au moins égal au salaire minimum légal net (qui est d'environ 1.200 euros/mois dans des pays tels que la France et la Belgique);

  2. la réalisation d'une AU d'un montant aussi élevé implique un changement de paradigme sociétal vers :

    1. une conception relativiste de la notion de valeur, ce qui implique la symétrisation de la politique monétaire c-à-d création monétaire à taux constant et allocation égalitaire et gratuite de la création monétaire entre les personnes physiques [approfondir];

    2. un contrôle démocratique des principaux moyens de production :

      • faire du statut de grande entreprise (soit moins de 1% des entreprises) un monopole public [approfondir];

      • gestion des entreprises publiques sous statut de coopératives publiques [approfondir];

    3. une gouvernance mondiale de type confédéral [approfondir].

Réalisation

Voir tutmondigo.net, concept de parti politique décentralisé et transnational, visant à propager l'allocation universelle et la démocratie directe au moyen d'une compétition ludique.

Mises à jour. La présente publication n'est pas un blog mais un "ouvrage digital" composé de chapitres (nous les appelons plutôt "articles"). Le nombre d'articles varie peu mais par contre leur taille et surtout qualité (fond et forme) augmentent constamment, en raison d'un rythme de mises à jour quasiment journalier (sur l'ensemble de la publication). Ce processus sans fin se traduit par une amélioration constante du classement des articles dans les moteurs de recherche, dont les algorithmes d'intelligence artificielle sont en mesure d'évaluer de plus en plus efficacement la qualité du contenu.

[1] Les causes du non recours sont diverses : ignorance des ayants droits, complexité des démarches administrative, crainte de la stigmatisation, ... Ce phénomène représenterait près de 0,5% du PIB [source p. 330].

[2] Aussi la précarisation du travail (cf. le remplacement de CDD par des CDI généralement moins bien rémunérés, plus stressants et sans grande perspective de carrière).

[3] La Constitution française de 1946 stipule (Article 5) : « Chacun a le devoir de travailler et le droit d'obtenir un emploi ». Cependant se pose la question de ce qu'est un travail "utile" ? Le chômeur de longue durée qui fait de la recherche fondamentale et publie ses travaux est-il moins utile à la société que le salarié d'une société de publicité qui nous incite à consommer toujours plus de produits futiles ? (par exemple des jeux vidéos véhiculant une idéologie associant le meurtre à un jeu). Enfin comment expliquer que plus d'un demi siècle après l'élaboration de cette Constitution son Article 11 ne soit toujours pas vérifié pour tous : « Tout être humain qui, en raison de son âge, de son état physique ou mental, de la situation économique, se trouve dans l'incapacité de travailler a le droit d'obtenir de la collectivité des moyens convenables d'existence ».